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"On ne peut pas continuer comme ça": les députés macronistes veulent du changement à l'Assemblée

À l'Assemblée nationale, les députés macronistes veulent changer de méthode et pensent à faire des compromis alors que la majorité relative enchaîne l'utilisation du 49-3.

Les 49-3 se multiplient, Emmanuel Macron veut une alliance avec les députés LR et le travail des macronistes se complique. Résultat, chez les députés de la majorité, certains estiment qu’il faut changer de méthode, être plus efficace dans la recherche du compromis.

"On ne peut pas continuer comme ça", voilà le cri du cœur d’un député Renaissance chevronné, persuadé qu’il faut inventer une nouvelle méthode pour parler aux oppositions. Un jeune député macroniste fait le même constat: des négociations aujourd’hui sont trop désorganisées et trop informelles.

Un travail à long terme

Alors pour "aller au bout de l’exercice du compromis", il a même plaidé auprès d’Aurore Bergé, la cheffe de file des députés macronistes, pour une méthode façon "business plan", un plan proactif, structuré, un peu "bête et méchant". L’idée : définir, flécher, pour chaque député du groupe, qui seront ses interlocuteurs dans les oppositions, selon ses sensibilités ou ses thèmes de prédilection, parler à tel député LR, tel socialiste tel écologiste, en somme cibler chaque député pour mieux les amadouer.

"Si on veut faire passer des textes, on n’a pas le choix", explique ce même député.  "Pour l’instant, avec le pouvoir d’achat, l‘assurance-chômage, On s’en sort bien, mais on n’a pas trois coups d’avance". Et les oppositions s’en rendent compte. Chez LR, un collaborateur voit bien les appels du pied de la majorité, "mais il n’y a rien d’organisé". Selon lui, le problème c’est que les députés ont peu de marges de manœuvre. Entendez, les accords se font à l’échelon supérieur, au plus haut sommet de l’Etat.

Les difficultés de la majorité relative

Il faut dire aussi que les députés découvrent le fonctionnement d’une majorité relative. Et voilà pourquoi "il faut sortir de l’état d’esprit de 2017, avec des députés godillots", s’énerve un député Renaissance. "Le groupe est jeune, il faut qu’il mûrisse", "on va entrer dans le dur et c’est là qu’on va trouver des leaders, des personnalités charismatiques, à la fois fermes et ouvertes au dialogue", façon de répondre aux critiques émises un peu plus haut par ce collaborateur LR.

Un député est un peu plus cynique: "Il faut être malin, se montrer très ouvert, pour que les oppositions soient démunies". Dans tous les cas il faut aller vite, parce que deux réformes se profilent et vont donner du fil à retordre à la majorité avec le texte sur l'immigration et la réforme des retraites.

Hélène Terzian (avec G.D.)