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"On passe 60 à 70h par semaine à voter la loi": à l'Assemblée nationale, des députés épuisés

Au palais Bourbon, après six mois de mandat où la majorité relative force les députés à être présents à la plupart des séances, même nocturnes, beaucoup font part d'un épuisement. Il y aurait même une hausse des consultations auprès de la médecin de l'Assemblée, voire des cas de burn-out. Par conséquent, le bureau se réunit ce mardi pour réfléchir à un changement de fonctionnement.

Des députés de tous bords font part d'un épuisement et se plaignent du rythme infernal de l'Assemblée nationale, après six mois de mandat. Contrairement aux autres mandatures, les députés ne peuvent plus vraiment se permettre de faire l'impasse sur certaines séances et donc de récupérer quelques heures précieuses de repos. En cause: la majorité relative. En l'absence d'une majorité absolue, les députés sont forcés d'être là pour éviter de perdre le vote sur un texte. Il n'est donc pas rare de voir l'hémicycle bien rempli jusqu'au petit matin, lors de séances nocturnes.

Une hausse des consultations médicales

Le problème, c'est que physiquement, les élus ne tiennent plus. "On cumule nuit à légiférer après nuit à légiférer", explique Sandra Regol, députée écologiste. Résultat, elle s'est retrouvée au bord du malaise.

"Sur le trajet vers la sortie de l’Assemblée, je me suis allongée avec la tête et les pieds surélevés. C’était un allongement de prévention avant que ma tension ne tombe beaucoup trop bas, mais je sais qu’il y a d’autres députés qui ont eu des soucis aussi", ajoute-t-elle.

Il y aurait d'ailleurs une hausse des consultations auprès de la médecin de l'Assemblée nationale, voire des cas de burn-out.

Concrètement, d'après les statistiques de l'Assemblée, le rythme n'a pas augmenté au sein de l'hémicycle. En revanche, le temps en commission est plus important. S'il y a des conséquences physiques pour les députés, cette présence accrue au Palais Bourbon empêche de se rendre en circonscription.

Difficile de se rendre en circonscription

"On passe entre 60 et 70 heures par semaine à voter la loi, en commission et après dans l’hémicycle. Je suis député du Sud donc j’ai quand même 5h porte à porte de trajet, ça n'est pas rien. Quand je termine un soir à minuit, je ne peux prendre le train que le lendemain et arriver en début d’après-midi en circonscription", déplore Laure Lavalette, députée RN du Var.

Pour la vie de famille aussi, c'est difficile. "Elle est un peu secouée, remuée, je passe mon temps à dire à mes enfants que je vais les rappeler et globalement je ne les rappelle pas", poursuit l'élue RN.

Pour autant, pour certains, pas question de se plaindre. "Je refuse ce procès en surcharge de travail. On a été élus pour faire la loi et si on doit travailler jour et nuit, on travaillera jour et nuit", défend Mathieu Lefevre, député Renaissance du Val-de-Marne.

Des solutions bientôt trouvées?

Le bureau de l'Assemblée nationale se réunit, ce mardi, pour réfléchir à des aménagements possibles. Plusieurs pistes sont avancées: mettre fin aux séances de nuit, réserver une semaine par mois à la présence en circonscription ou encore la possibilité de suivre des séances en visioconférence.

AB avec RC et HT