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René-Yves, électeur désabusé: "franchement, vivement que cette campagne se termine"

Marien Le Pen et Emmanuel Macron, sur le plateau du débat télévisé d'entre-deux-tours, mercredi 3 mai.

Marien Le Pen et Emmanuel Macron, sur le plateau du débat télévisé d'entre-deux-tours, mercredi 3 mai. - Eric Fefferberg - AFP

Le dimanche 7 mai, on connaître le nouveau président ou la nouvelle présidente. "Enfin!", estime René-Yves, un électeur qui a hâte de tourner la page de ces longues semaines de campagne, qu'il a trouvée indigne.

René-Yves, 63 ans, est commercial.

"J'ai hâte que cette campagne se termine, d'autant plus depuis le débat. On aurait dit le deuxième débat entre Donald Trump et Hillary Clinton… C'est à l'image de la campagne qui n'est pas belle, qui n'est pas digne. On est dans l'invective, dans le règlement de comptes… franchement, vivement que ça se termine.

C'est la pire campagne qu'on ait connue. La campagne de 1974 mettait aux prises deux personnes antagonistes, François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, mais cela avait été correct jusqu'au bout. On n'a pas assez parlé de fond. Soit les Français sont devenus très bêtes et ne comprennent rien à la politique, soit il y a une déliquescence du programme politique. Les grands idéaux n'existent plus. Avant, les programmes étaient basés sur des idées fondamentales, mais aujourd'hui il n'y a plus rien.

"Les affaires ont pourri la campagne"

Et puis les affaires ont pourri la campagne. François Fillon n'a pas pu parler de son programme à cause des affaires. C'était trop, on a quand même ressorti des dossiers qui remontaient à 1982 le concernant, il y a 35 ans! Après, je note qu'avant en politique, on avait de l'honneur. Là, François Fillon, qui avait pourtant annoncé qu'il se retirerait en cas de mise en examen, a continué sa campagne comme si de rien n'était. J'ai aussi trouvé que Marine Le Pen passait son temps à attaquer ses adversaires. Celui qui a fait la meilleure campagne, finalement, c'est Jean-Luc Mélenchon.

Ce que je ne supporte pas non plus, c'est que les partis éliminés du premier tour, ne pensent aujourd'hui qu'à une chose, les législatives, alors qu'on ne connaît pas encore le résultat de l'élection présidentielle."

Propos recueillis par Philippe Gril