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"Une collègue m’a avoué utiliser l’indemnité représentative pour faire ses courses", lance un député

Cette semaine s’achèvent les travaux de la 14ème législature. C'est donc ce mercredi la dernière occasion pour le bureau de l'Assemblée nationale de se saisir de l'épineuse question de la transparence de la vie politique.

L'affaire Penelope Fillon a remis en lumière l'opacité des frais accordés aux députés. Alors faut-il que les dépenses des députés soient mieux contrôlés? Certains parlementaires ont l'intention d'aborder le sujet de la transparence et des contrôles de l'usage des fonds publics alloués aux élus à l'occasion de la dernière session parlementaire, cette semaine. 

Chaque mois, les députés reçoivent 5.800 euros bruts pour frais de représentation. Leur seule obligation: envoyer une fois par an à l'Assemblée nationale une attestation sur l'honneur indiquant que l'argent a bel et bien été dépensé.

Un système propice aux abus, selon le député UDI Charles de Courson. "Arrêtons l’hypocrisie, un jour je discutais avec une collègue qui m’a avoué qu’elle utilisait l’indemnité représentative de frais de mandat pour faire ses courses". Pour le député, il serait pourtant simple de nous inspirer de nos voisins. "Au parlement britannique, l’équivalent des frais professionnels est remboursé sur présentation d’un justificatif. C’est ce qu’il faudrait faire en France". 

La transparence? "C'est un strip-tease"

Inadmissible pour certains qui y voient une véritable provocation, comme le député Les Républicains Thierry Mariani. "La transparence c’est bien mais à force, on fini tous à poil et ça devient du voyeurisme imbécile."

Même son de cloche pour Jacques Myard, député LR, qui se sent emprisonné. "C’est un strip-tease, bientôt on aura un bracelet électronique pour savoir où l’on va". En 2012, un texte avait été déposé à l'Assemblée nationale pour un contrôle des indemnités de représentation. Seuls 29 députés avaient voté pour. 

Claire Checcaglini avec A.B.