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Champagne, raclette, casquettes: ces produits bannis du marché de Noël de Strasbourg par la mairie

À Strasbourg, la municipalité écologiste a décidé de bannir des produits alimentaires et non-alimentaires des étals de son célèbre marché de Noël. Une décision qui inquiète certains, à commencer par le président LR de la région Grand Est.

Un marché de Noël sans champagne est-il un marché de Noël ? la question sera tranchée cette année à Strasbourg. Car la municipalité de la ville a décidé de bannir certains produits des étals des commerçants du plus grand marché de Noël de France: ne pourront être vendus donc du champagne mais aussi de la tartiflette et de la raclette, mais aussi des produits non-alimentaires comme les casquettes et les parapluies.

Les commerçants concernés ne comprennent pas pourquoi l’on interdit par exemple la raclette remplacée par une 'munstiflette', à base de munster (un fromage local) alors qu’on utilise bien des produits italiens dans les pizzas, focaccia ou le café par exemple. Mais ces produits restent autorisés "sous réserve", tout comme les hot-dogs les samoussas, les loukoums ou la bière chaude, qui pourraient être bannis l’année prochaine.

Les parapluies interdits à la vente mais aussi les bottes de Noël

Du côté des produits non-alimentaires, la municipalité interdit la vente de déguisements pour chiens et chats, articles en vannerie, ponchos, casquettes, serre-tête, bottes de Noël, et parapluies et de nombreux produits restent autorisés "sous réserve", comprendre en sursis, avant une éventuelle interdiction en 2023.

La municipalité veut ainsi privilégier les produits locaux, exclure ce qui n’est pas fabriqué en Alsace et refuser les produits en désaccords avec les valeurs Noël. Les contrevenants pourraient être interdits de marché de Noël en 2023.

"Personne ne peut être contre la volonté de mettre le local en avant et de vouloir fuir les produits manufacturés et produits en Asie", assure le président LR de la région Grand Est Jean Rottner. "Chez nous, quelle que soit la religion, le marché de Noël est un moment de rassemblement et de fête", ajoute-t-il.

Le président de la région Grand Est déplore l'interdiction du champagne

Mais il déplore que cette décision de la municipalité écologiste écarte de facto des marchands, des forains qui viennent d’autres régions: "Je n’aimerais surtout pas que le marché de Noël apporte des divisions. Et en tant que président de région Grand Est, je ne comprends pas pourquoi on refoule le champagne.

"Il y a un sujet sur la tradition, la cohérence et l’appartenance à un territoire. Strasbourg est capitale européenne, régionale, de l’Alsace, il y a un statut, un rôle et une forme d’ouverture à avoir par rapport à d’autres territoires et d’autres cultures françaises", assure-t-il.

Des précédents à Bordeaux et Lyon

"Le marché de Noël comme tous les marchés de France, est au départ un marché de produit artisanaux locaux", abonde Périco Légasse. "C’est devenu un supermarché ignoble avec toutes les horreurs de la mondialisation", déplore-t-il. "Si la mairie de Strasbourg veut promouvoir le patrimoine local c’est très bien, mais derrière elle va introduire de l’idéologie. Derrière elle va déconfessionnaliser", estime le critique gastronomique alors que d’autres produit comme les crucifix sont en sursis cette année.

En 2019, un an après une attaque terroriste qui avait fait 5 morts, le marché de Noël de Strasbourg avait attiré plus de 2 millions de visiteurs.

Avant Strasbourg, d’autres municipalités écologistes avaient pris des mesures à l’occasion de Noël. À Bordeaux, la mairie avait choisi de ne plus mettre de sapin en remplaçant le traditionnel arbre par un autre en verre. A Lyon, la ville avait décidé de bannir le foie gras de tous ses événements officiels.

G.D.