RMC

Des loyers gratuits pour vivre au milieu des dealers: "ça ne m'intéresse pas d'y retourner"

A Compiègne, l’Opac brade les loyers pour faire revenir des locataires au square Baudelaire. Les immeubles gangrenés par les trafics de stupéfiants et évacués en janvier par le bailleur social sont remis en location, contre des mois de loyers gratuits. Une offre qui a du mal à séduire Alain un ancien locataire de la cité.

Gangrénés par le trafic de drogue, trois bâtiment de la cité du Clos-des-Roses à Compiègne (Oise) ont été fermés en début d'année par l'Office publique d'aménagement et de construction de l'Oise (Opac). Alors que ceux-ci ont été fraîchement rénovés, l'Opac a décidé de faire une "offre promotionnelle à la location": des mois de loyers gratuits à qui voudra bien occuper les lieux. Concrètement, l'organisme propose quatre mois de loyers gratuits pour les dix premières attributions, trois pour les 10 suivantes, puis deux et enfin un mois pour les derniers qui accepteraient de (re)venir habiter au square Baudelaire, aux numéros 4, 8 et 9. Une offre loin de séduire Alain, ancien locataire de la cité.

"Il est hors de question que je m'en aille (de mon nouvel appartement), affirme-t-il. Le pire, c'est que je connaissais mon voisin et lui non plus ne veut pas y retourner. On reste là où on est maintenant. C'est fini. On a tout gagné dans l'histoire". Précisément, Alain a gagné un appartement plus grand et surtout sans trafiquants de drogue devant sa porte. Le bailleur social, lui, a perdu ses locataires mais surtout de l'argent.

"Ils vont recommencer et recasser"

En effet, l'Opac a dû investir 100.000 euros dans la rénovation des cages d'escalier et des 40 appartements. Investissement contraint et forcé comme l'explique son président, Arnaud Dumontier: "Le maire de Compiègne m'a obligé à faire des travaux alors que l'idée première était de murer ces cages d'escalier. C'est peut-être ce qu'il se passera si jamais les trafiquants de drogue se les réapproprient".

Une éventualité plus que plausible estime Alain: "Une fois que les portes seront ouvertes, c'est rebelote. Ils vont recommencer et recasser. C'est pour ça que ça ne m'intéresse pas d'y retourner". Et Alain est loin d'être le seul dans ce cas. Pour l'instant seule une seule famille est intéressée par l'offre de l'Opac.

M.R avec Romain Poisot