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APB risque de me faire perdre ma chambre universitaire... et gâcher mes vacances d’été

Au moins 17.000 lycéens ne savent toujours pas où ils vont étudier l’année prochaine, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Ils sont plongés dans l’attente jusqu’à vendredi, date des dernières propositions d'admission APB. C’est le cas d'Iris. Ses 18 vœux sont tous sur liste d’attente. Inquiète d'être obligée d'accepter une fac dans laquelle elle ne souhaite pas aller, elle témoigne pour RMC.fr.

Iris, lycéenne diplômée en attente d'une réponse d'affection sur APB.

"Être encore sur liste d’attente mi-juillet, c’est du n’importe quoi! J’ai entré mes vœux depuis début mai sur la plateforme APB (Admission post-bac) et je ne sais toujours pas où je vais étudier l’année prochaine.

J’attends vendredi avec appréhension. Je ne serais pas étonnée si je n’obtiens pas une fac sur Paris et que je suis, par conséquent, obligée d’étudier dans une fac de secteur (proche du lieu de résidence, NDLR).

"Des élèves qui avaient entre 8 et 11 de moyenne ont eu leur fac"

Le fait de pouvoir postuler dans n’importe quelle fac sur APB donne l’espoir de pouvoir changer de milieu, d’environnement. Mais passer après tout le monde juste parce que que la fac demandée n’est pas une fac de secteur, ça fait perdre espoir. On se dit que l’on retombera dans le même milieu et qu’on retrouvera les mêmes personnes, encore.

Dans notre lycée, il y a des élèves qui avaient entre 8 et 11 de moyenne générale. Ceux-là ont réussi à obtenir la fac qu’ils voulaient alors que d’autres, qui ont eu des meilleures notes, sont encore sur liste d’attente. Tout ça à cause du tirage au sort. C’est injuste de faire passer des élèves qui sont moins bons devant des élèves qui ont travaillé toute l’année. C’est prendre quelqu’un au hasard, le mettre dans une fac alors que certains la veulent bien plus. On a beau avoir travaillé toute l’année, c’est les réponses APB qui vont déterminer la suite de nos études. On sent qu’on n'a aucun pouvoir.

"Il est possible que j'aille dans une université que j'ai voulu fuir"

Du coup, ça gâche mes vacances d’été. Tant que je n’obtiendrai pas une vraie réponse, je continuerai à y penser. Si je n’ai toujours pas de fac vendredi, je devrai passer par la procédure complémentaire. APB reviendra vers moi pour me proposer d’autres universités ou filières où il reste des places. Il faudra refuser ou accepter puisqu’il n’y aura plus de liste d’attente.

Il est possible qu’APB me propose des orientations qui n’ont rien à voir avec ce que je voulais et que je sois obligée d’aller dans une université que j’ai voulu fuir. Le fait de savoir qu’une simple procédure complémentaire peut m’envoyer dans un endroit où je ne veux pas aller, ça fait peur. Mais si je ne veux pas finir sans rien, je serai obligée d’accepter ce qu’on me proposera.

"Je risque de perdre ma chambre universitaire"

Ça me pose problème parce que j’ai réussi à une obtenir une chambre étudiante pour l’année prochaine et j’ai même déjà déposé la caution. Mais je ne peux me réjouir de rien parce que je suis dans l’incertitude.

La demande de logement étudiant se fait en même temps que la demande de bourse pour l’année prochaine. On note la fac dans laquelle on va aller, celle qu’on a mis en premier vœu sur APB par exemple. Par rapport à notre situation, nos revenus familiaux, on nous attribue des points qui augmentent les chances d’obtenir ce logement. La majorité de mes vœux sont sur Paris donc j’avais fait mes demandes dans plusieurs résidences universitaires parisiennes et j’ai réussi à en obtenir une dans le 15ème. Mais à la date où j’irai récupérer les clés, il va falloir que je fournisse un certificat de scolarité. Il y en a qui ont déjà commencé leurs inscriptions et qui ont déjà ce papier. Moi, si je ne l’ai pas en temps et en heure, ma chambre sera donnée à quelqu’un d’autre."

Propos recueillis par Julie Breon