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Bombe artisanale, bagarres… à Givors, des enseignants en grève par peur que "la situation dégénère"

Bombe artisanales lancée dans la cour, bagarres à répétition… 50 enseignants d'un collège de Givors exercent leur droit de retrait depuis ce jeudi. RMC s'est rendue dans cet établissement difficile où l'on craint une escalade de la violence.

Des professeurs, des surveillants qui ne se sentent plus en sécurité dans leur collège... Depuis ce jeudi, les 50 enseignants du collège Paul Vallon de Givors, près de Lyon, exercent leur droit de retrait avec une série d'incivilité ces derniers jours. Le point d'orgue a été deux évènements qui se sont succédés. La semaine dernière, c'est une bombe artisanale qui a explosé entre les mains d'un surveillant, brûlé aux cuisses. Mercredi, c'est un autre pion qui a été blessé alors qu'il intervenait pour séparer deux élèves dans une bagarre.

"La situation se dégrade"

C'en est trop pour ces personnels qui ont donc exercé leur droit de retrait, soutenus par des parents. Comme Sarah, qui a deux filles scolarisées dans l'établissement. "Ma petite qui est en 6e me dit qu'il y a trop de problèmes, et qu'elle n'est pas rassurée. Est-ce qu'à la prochaine bagarre elle va être bousculée? Je ne dis pas que j'ai peur, mais avec tout ce qu'il s'y passe je suis moins rassurée".

Les enseignants réclament plus de moyens humains pour ce collège de 525 élèves. La crainte, pour Jessica Martin, professeure de lettres, c'est de voir ces actes se répéter. "La situation se dégrade et va encore se dégrader. Il nous manque des surveillants. On se demande quand cela va s'arrêter et qu'est-ce qui faut qu'il se passe pour qu'on soit entendus, parce que pour l'instant on a le sentiment de ne pas être écoutés justement."

"Un risque sur notre personne"

A l'image de Claire Wimmer, prof d'anglais dans ce collège, les enseignants craignent surtout des incidents encore plus graves. "On a peur que la situation dégénère et qu'il y ait des incidents plus graves. Je me dis que je dois d'aller au collège parce que c'est ma mission d'être auprès de mes élèves et que je fais partie de ceux qui sont là pour les protéger. En, revanche, tous les moments de foule - dans l'escalier, dans les couloirs, dans la cour - je me dis que s'il y a une bagarre qui éclate on est tous exposés à un risque sur notre personne."

Les professeurs ont écrit au ministre de l'Education Nationale pour se faire entendre, en vain. L'inspection académique du Rhône a tout de même accepté de recevoir en début de semaine prochaine l'équipe éducative de ce collège difficile.

P. G. avec Gwenaël Windrestin