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Eric Ciotti veut une nouvelle loi sur les vêtements religieux à l'école: le tacle de Barbara Lefebvre

Alors qu'Eric Ciotti réclame une nouvelle loi contre les vêtements religieux à l'école, l'ex-enseignante et Grande Gueule de RMC Barbara Lefebvre invite le député LR à relire celle de 2004 toujours en vigueur, estimant qu'elle est suffisante pour lutter contre la pratique.

Le gouvernement s'inquiète d'un retour des vêtements religieux à l'école. Abayas, qamis et bandana couvrant les cheveux des filles se répandraient de plus en plus dans les cours des collèges et lycées, entraînant parfois des incidents entre parents d'élèves et équipes éducatives.

Face au phénomène, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, a assuré ce vendredi matin sur RMC vouloir déposer une proposition de loi pour interdire tous les vêtements religieux à l'école, estimant que la loi de 2004 sur le port du voile ne va pas assez loin:

"Ce que je propose dans mon texte c’est que les chefs d’établissement puissent interdire dans leur règlements certains types de vêtements. Et personnellement je suis favorable à une tenue unique. Ce serait vertueux pour plein de valeurs, notamment sur les différences de classes sociales", a-t-il assuré face à Apolline de Malherbe.

"La loi de 2004 suffit"

Une proposition qui a fait bondir l'ex-enseignante Barbara Lefebvre, qui dénonce depuis plusieurs années la présence de tenues religieuses à l'école: "Ces phénomènes existent depuis 20 ans. Maintenant, la proposition d'Eric Ciotti c'est n'importe quoi. La loi de 2004 suffit, encore faut-il l'appliquer. Venir nous dire que la loi est pas assez précise parce qu'il faut mesurer la longueur des jupes, c'est n'importe quoi. On n'a pas du tout besoin de nouvelle loi", a-t-elle assuré sur le plateau des "Grandes Gueules".

"La loi de 2004 est suffisante et nécessaire. Elle interdit les signes et vêtements visant à manifester de manière ostensible une appartenance religieuse. Donc le hijab, les turbans sikhs, les abayas, les qamis sont proscrits. La loi est déjà là, monsieur Ciotti devrait la relire au lieu de dire n'importe quoi", ajoute-t-elle.

"Cela concerne combien d'élèves sur les 12 millions?"

"Je ne peux pas cautionner qu'on aille en qamis ou en abaya à l'école mais j'en vois peu alors que j'habite dans le centre de Marseille où les gens viennent beaucoup de l'étranger", assure de son côté Kaouther Ben Mohamed. "Mais cela concerne combien d'élèves sur les 12 millions?", s'interroge-t-elle estimant qu'il ne faut pas en faire un phénomène de société.

Pour Medhi Ghezzar, il faut respecter les lois de la République et la laïcité: "Je suis moi-même de confession musulmane, c'est une fierté pour moi, mais ma liberté s'arrête là où commence celle de l'autre. Des règles sont édictées, pour s'habiller d'une façon ou d'une autre dans un établissement public, on s'y conforme. Si la charte de l'école dit signe ostentatoire interdit et que ça ne plaît pas aux parents d'élèves, peu importe", conclut-il.

G.D.