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Fin des contrats aidés: des mairies obligées de "bricoler" pour assurer la rentrée

23.000 emplois ont été supprimés pour cette année 2017-2018, suite à la diminution brutale des contrats aidés voulue par le gouvernement. Certaines mairies ont été obligées de trouver des solutions provisoires pour assurer la rentrée à temps.

Avec la fin des contrats aidés, la rentrée s'annonce compliquée dans certaines villes. C'est le cas par exemple à Valorbiquet, dans le Calvados. 5 contrats aidés ont été suspendus. La maire a un temps pensé décaler la rentrée et puis elle a trouvé une solution temporaire.

La garderie et la cantine seront assurées par les agents municipaux mais il n’y aura pas d’activités périscolaires. Un simple service de garderie gratuit sera mis en place, pour attendre les parents. Ce système durera jusqu'à la Toussaint.

Rentrée compliquée aussi à Montemboeuf en Charente: 260 enfants scolarisés, pas de garderie, pas de transports scolaires, pas de cantine. "On assure le service minimum", admet le maire de la commune qui reconnaît ne pas savoir jusqu'à quand cette situation va durer.

Autre exemple, à Labastide-du-Vert dans le Lot, un contrat d'assistante maternelle n'a pas été renouvelé. L'enseignante en maternelle va devoir gérer sa classe de 4 niveaux toute seule.

Embauche de personnel en CDD

Et si la rentrée est assurée tant bien que mal, le reste de l'année s'annonce aussi compliqué. Même les maires que nous avons contactés ont du mal à savoir comment ils vont terminer l'année scolaire.

Certains élus ont embauché du personnel en CDD, sur des périodes courtes. Une solution temporaire, mais au coût élevé pour les communes. D'autres envisagent de repasser à la semaine de 4 jours, en cours d'année scolaire, pour faire des économies. Mais pas sûr que le ministère l'autorise.

Selon l'Association des maires de France qui a rencontré les ministres de l'Education nationale et de la Cohésion des Territoires vendredi, le gouvernement serait prêt à quelques concessions. Les préfectures pourront examiner au cas par cas les communes en difficulté et réautoriser certaines à reprendre des contrats aidés.

Sauf que l'on reviendrait à la case départ et à l’encontre de la décision d'Emmanuel Macron. Le président qui veut diminuer le nombre de ces contrats qu'il qualifie de "perversion de la politique de l'emploi".

Elisa Bertholomey (avec P.B.)