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"Je prends ecstasy et cocaïne presque tous les week-ends": la prévention inefficace chez les jeunes, la multi-consommation de plus en plus répandue

TEMOIGNAGE RMC - Les plus jeunes consomment de plus en plus de drogue en même temps. Et les messages de prévention ont un impact très limité.

Elle ne s’en cache pas, la drogue elle aime ça, Marie* a 26 ans, c’est une jeune cadre qui consomme régulièrement de la cocaïne, de l’ecstasy depuis 7 ans: "J'en prends à peu près tous les week-ends depuis très longtemps dans un cadre festif, je suis toujours habituée à passer mes soirées avec les deux ou l’un ou l’autre, j’ai toujours envie d’en prendre à chaque fois que je sors dans ce contexte-là".

Comme elle, ils sont nombreux à consommer plusieurs drogues en même temps. Une étude** publiée ce mardi par la MACIF et Ipsos révèle que 8 consommateurs de cannabis sur 10 déclarent consommer aussi régulièrement de l'alcool et 38% de la cocaïne, 40% de l'héroïne et 42% de l'ecstasy.

Jusqu’ici, les campagnes de prévention censées alerter, n'ont pas eu beaucoup d’effet sur Marie: "Je pense avoir vu des spots de prévention mais ils ne me sont pas restés en tête. Je sais que ce n’est pas bien de prendre de la cocaïne et de la MDMA mais tant que 'ça va', je continue à en prendre tous les week-ends".

"On lance des messages de prévention bienveillants et non moralisateurs"

Beaucoup de jeunes comme Marie ne se rendent pas compte des dangers. Seuls 40% des jeunes exposés à ces messages assurent qu'ils les ont fait réfléchir à leur propre comportement révèle le baromètre de la MACIF. C’est également l'avis d’Emmanuel Petit, directeur de la prévention de la MACIF:

"Ce qui est inquiétant au-delà des consommations, c’est de voir que les jeunes ne perçoivent pas le risque. Plus ils prennent des substances, plus leur perception du risque est minorée".

Seul recours, la prévention mais Marie l’a dit, cela ne fonctionne pas. Selon Emmanuel Petit la solution n’est pas évidente: "On ne sait pas en tout cas on va tester. On lance des messages de prévention bienveillants et non moralisateurs. On teste et on espère avoir un impact non-neutre sur leur consommation". De son côté le gouvernement a promis une campagne de lutte contre la consommation de drogue, d’ici la rentrée.

*Le prénom a été changé

**Étude réalisée sur 3500 jeunes du 17 au 30 mars 2021.

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Maxime Brandstaetter (avec G.D.)