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Semaine de 4 jours: "Entre 25.000 et 30.000 emplois d'animateurs sont menacés"

Les communes peuvent choisir de revenir, dès la rentrée prochaine, à la semaine de quatre jours d'école en primaire. Ce qui pourrait entraîner la suppression des activités périscolaires, et, par conséquent, la suppression d’emplois d’animateurs. "Entre 25.000 et 30.000 personnes" seraient concernées, assure, à RMC.fr, David Cluzeau, délégué général du Conseil national des employeurs d’avenir (CNEA).

David Cluzeau, délégué général du CNEA revient sur cette nouvelle semaine de quatre jours:

"Selon nos calculs, entre 25.000 et 30.000 postes d’animateurs risquent d’être touchés. Et ce de manières différentes: soit par la suppression de postes, soit par des réductions d’horaires.

Les associations avaient beaucoup investi dans les temps périscolaires et leur situation économique devient incertaine puisque l'on ne sait pas trop où cette réforme va nous mener.

"Tout est fait dans la précipitation"

De plus, il y avait des personnes qui étaient en réinsertion professionnelle et un certain nombre de jeunes ont été embauchés grâce à des contrats d’emploi d‘avenir ou d’autres type de contrats aidés. Le pari était de dire: ‘on vous forme d’une part et par ailleurs on consolide l’activité économique sur laquelle on a construit votre emploi’. Mais ce pari risque de ne pas être tenu et on ne pourra pas prolonger et consolider ces emplois.

Tout est fait dans la précipitation. En tant que réseau d’employeurs, nous n’avons même pas été consultés ni par le ministère de l’Éducation nationale ni par le service jeunesse et sport pour savoir si oui ou non il y aurait des conséquences. Par ailleurs, nous pouvons aussi nous poser des questions sur le réel impact de cette réforme.

"C’est un recul pour les enfants"

L’ancienne réforme, instaurée par Vincent Peillon, a permis d’ouvrir à tous les enfants la capacité de découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles activités culturelles, sportives, scientifiques. Tout ça s’est organisé en articulation avec le temps scolaire. Le fait de probablement ne plus pouvoir enclencher cette démarche de projet éducatif de territoire, on trouve que c’est dommage.

C’est notamment un recul pour les enfants et cela risque de créer des inégalités entre les communes. Certaines vont maintenir la semaine à quatre jours et demi et proposer une offre importante pour les habitants et leur territoire. À l’inverse, d’autres communes vont opter pour la semaine à quatre jours. On risque d’être dans une forme d’inégalité entre les territoires et les enfants ne profiteront pas tous de la même manière de l’offre éducative. C’est une perte pour les enfants en terme d’apport et d’émancipation.

Cette nouvelle réforme peut aussi mettre en difficulté les parents et leur poser des problèmes pour leur organisation. Les collectivités vont avoir comme responsabilité de réorganiser les activités locales sur le mercredi de manière différente. Je pense que de nouvelles activités extrascolaires vont être créées mais il faudrait pouvoir accueillir les enfants tout en leur offrant un accueil éducation. Mais ça serait sans lien avec l’école et c’est regrettable."

Propos recueillis par Julie Breon