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Enquête sur l'incendie de Notre-Dame: le mystère demeure

Il y a trois ans jour pour jour, le monde assistait, en direct à la télévision, à l'incendie d'un des monuments les plus connus: Notre-Dame de Paris. Alors que les travaux avancent, on ne sait pas encore les causes réelles de cet incendie.

Le mystère est presque aussi épais que celui de la résurrection du Christ. L’enquête sur les causes de l'incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, n'est toujours pas terminée, la faute à la configuration des lieux, à la crise sanitaire et la prudence nécessaire en raison de la présence de plomb. La seule chose que nous savons avec certitude, c'est que cet incendie n'était pas d'origine criminelle mais accidentelle. Ce sont les conclusions des enquêteurs.

Mais alors qui est le responsable de ce sinistre ? L’Etat qui aurait mal entretenu les lieux ? L’architecte qui supervisait les travaux de la cathédrale en cours ? Les artisans présents sur le chantier ? L’Eglise en raison de travaux d'électricité mal exécutés ? C’est toujours impossible à dire car la justice attend toujours les conclusions de trois des cinq expertises qui ont été lancées.

L'origine du feu encore inconnue

Sur la localisation de l'origine du feu, le travail des enquêteurs a bien avancé et permet d'éliminer certaines pistes. Au départ, on avait beaucoup parlé de la forêt de poutres de chêne qui formait la charpente de la cathédrale de Viollet Le Duc mais finalement le feu aurait pu se déclarer ailleurs, à l'angle sud-est de la croisée du transept. Un lieu inaccessible pour une personne ce qui pourrait invalider la thèse de la cigarette mal éteinte.

Reste encore les hypothèses d'une étincelle provoquée par un outil ou celle d'un court-circuit au niveau de fils électriques installés pour faire sonner les cloches de la cathédrale pour son 850e anniversaire. Installation qui, selon le Canard enchaîné, devait être provisoire. L'origine de ce feu n'est donc toujours pas connue et le plus probable en réalité, c'est que nous ne connaissions jamais les causes réelles de ce terrible sinistre.

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Le délai de 2024 tenable ?

Emmanuel Macron avait promis que la cathédrale serait reconstruite pour les Jeux olympiques de 2024. Ce délai reste de l'ordre du possible. En réalité, malgré le Covid, les travaux ont quand même pu avancer. La phase de sécurisation a été achevée l'été dernier. Le dépoussiérage à l'intérieur de la nef est presque terminé. Les fouilles se sont elles achevées il y a quelques jours. Ainsi, les travaux de la flèche de Viollet le Duc vont bientôt pouvoir commencer.

Mais ces travaux risquent de prendre du temps. Il faut d'abord monter un nouvel échafaudage au cœur de la cathédrale. C'est une opération très délicate, qui pourrait prendre une année. Ce n'est qu'à l'issue de cette phase que les Parisiens, les fidèles et les touristes devraient pouvoir redécouvrir l'apparence d'origine de Notre-Dame. Les délais devraient donc être plus ou moins tenus, mais les travaux à l'intérieur pourraient durer bien au-delà de 2024.

Des découvertes archéologiques inédites

C'est aussi la magie des grands travaux. Un sarcophage a été retrouvé par les archéologues. Un cercueil en plomb du Moyen Age, daté du XIVe siècle, a été découvert par le plus grand des hasards, sous le transept de la cathédrale, lors des travaux. C'est même une chance que ce sarcophage soit arrivé jusqu'à nous. Ce cercueil, qui a vraiment la forme d'un corps, a miraculeusement traversé les siècles et survécu aux travaux du XIXe siècle de Viollet le Duc. Cet architecte, qui voulait faire entrer la modernité et le chauffage dans la cathédrale, a fait creuser à l'époque d'énormes tranchées détruisant de nombreuses tombes, mais celle-ci a été totalement épargnée. Elle a été retrouvée entre deux conduits de chauffage à plus d'un mètre sous terre.

La question est désormais de savoir si les archéologues vont pouvoir identifier la dépouille. Selon les premières observations réalisées à l'aide d'une micro-caméra, le contenu du cercueil serait dans un excellent état de conservation, avec des cheveux, des vêtements et des végétaux, sans doute du buis, sous la tête du défunt. Le sarcophage sera très prochainement ouvert à l’Institut médico-légal de Toulouse. Pour certains historiens, cette sépulture pourrait être celle d'un chanoine de haut rang mais pour l'instant, le mystère reste entier.  

Jérémy Trottin (édité par MM)