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"Gilets jaunes": comment un village de l'Ardèche est devenu le théâtre d'affrontements entre CRS et casseurs

Samedi, en fin d'après-midi, des casseurs se sont mêlés aux gilets jaunes et s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des barres de fer, des couteaux ou encore des battes de baseball. Bilan: 23 policiers blessés.

Les images de l’Arc de triomphe dégradées et des rues de Paris incendiées ont fait le tour des médias français et internationaux. Les violences du week-end dernier en marge de la manifestation des gilets jaunes ont en effet été largement médiatisées. Pourtant, la capitale française, si elle fait caisse de résonnance, n’a pas été le seul lieu de violence. 

En Ardèche, au Pouzin, 23 gendarmes ont été blessés dans cette petite commune de 2300 habitants. Environ 250 "gilets jaunes" été installés sur le rond-point de la Rotonde samedi. Si le début de journée s’est déroulé dans le calme, vers 17 heures, 80 casseurs venus de départements voisins ont infiltré le mouvement. Ils étaient lourdement armés avec notamment des couteaux, des battes de baseball, des barres de fer, des masses, mais aussi des haches et ont ciblé les forces de l’ordre. 

Six heures d'affrontement

Au total, l’affrontement a duré près de six heures. Des façades ont été dégradées, et des commerces vandalisés. Deux jeunes ont été interpellés et seront jugés en comparaison immédiates dans la journée. 

"Violence inhabituelle et injustifiée puisque le dialogue avait toujours été maintenu depuis le début du mouvement", analyse Françoise Souliman, préfet de l’Ardèche qui explique que les gendarmes pris à parti par les casseurs n’étaient pas équipés pour le maintien de l’ordre. 

"Nous sommes là pour assurer la sécurité de tous, mais effectivement quand nous avons à faire avec des casseurs que ce soit à Paris, que ce soit au Pouzin ou au Puy-en-Velay, la donne change et c’est juste une question d’organisation qu’il faut voir. Et c’est pour ça que pour samedi prochain, s’il devait avoir lieu une nouvelle manifestation, il y aura des forces mobiles et il y aura une réorganisation des forces de sécurité intérieures", précise Françoise Souliman. 

Pour elle, c’est la durée du mouvement qui fait que certains ont la tentation de venir faire des actes qui n’ont rien à voir avec les revendications initiales des gilets jaunes. 

Bourdin Direct (Avec G.D)