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"Il faut arrêter d'humilier les gens": les larmes de Kaouther Ben Mohamed sur la précarité

Kaouther Ben Mohamed, engagée associative, a fondu en larmes ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story, en évoquant la difficulté mentale de réclamer des aides sociales.

Les prix augmentent. Pour tout. Et de nombreux Français se retrouvent dans une situation de plus en plus précaire. Des difficultés qu'Anna, ouvrière du BTP en arrêt maladie pour une hanche cassée, rencontre depuis plusieurs mois. Elle est contrainte de manger un jour sur deux et témoigne ce jeudi sur RMC de cette difficulté de demander des aides.

"Les aides, ce n'est pas si simple à avoir. Et il faut se la ranger, tous les jours, sa fierté, et risquer de se confronter à des refus. Des fois, vous n'êtes pas sur le bon échelon de la misère. Il y a des moments où on préfère garder sa fierté parce que c'est aussi la seule chose qui nous reste. On fait des pâtes mais au moins c'est nos pâtes."

"Vous ne comprenez pas qu'être dans la précarité, c'est hyper humiliant au quotidien"

Un témoignage qui a particulièrement touché notre "Grande Gueule" Kaouther Ben Mohamed, engagée associative à Marseille, qui a ensuite évoqué sa propre expérience.

"Il y a dix ans, je suis tombée malade. Et du coup, après, je me suis retrouvée à aller demander ces aides. Et ça a été hyper douloureux pour moi, en tant que travailleuse sociale, d'aller en voir une autre pour demander ces aides. Vous ne comprenez pas qu'être dans la précarité, c'est hyper humiliant au quotidien. Autour de la table (de l'émission, ndlr), on n'a pas tous de bons salaires, on peut être ici et continuer à galérer au quotidien à ne pas pouvoir payer ses factures."

"Il faut arrêter d'humilier des gens au quotidien et dire que la France est pleine d'aides"

"Le mépris et l'humiliation que les précaires, qui travaillent ou pas, subissent dans notre pays créent un clivage inédit et hyper dangereux pour la communauté de citoyens que nous sommes. Il faut arrêter d'humilier des gens au quotidien et dire que la France est pleine d'aides. Cette dame dit qu'elle ne fait qu'un repas par jour, moi aussi avec mon fils. La journée, je ne mange pas, je bois des cafés. Et ça, c'est hyper difficile. On ne vit pas d'aides. C'est hyper humiliant."

"On est trop nombreux à être dans la merde aujourd'hui !"

"Je suis restée trois semaines dans le coma, je suis allée aux Restos du coeur, on m'a dit que j'avais passé la date d'inscription... Que j'étais hors-délai. Du coup, mon fils a mangé des gâteaux au yaourt matin, midi et soir, avec du sirop de grenadine parce que je n'avais pas les moyens d'acheter du lait. Même quand tu y vas (demander des aides), il n'y en a pas car on est trop nombreux à être dans la merde aujourd'hui ! Quand tu vas voir l'assistante sociale, les caisses sont vides."

J.A.