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"Ils leur paient absolument tout": bientôt une aide financière pour l'accueil de réfugiés ukrainiens

Le gouvernement envisage une aide d'une centaine d'euros pour toutes les familles de France accueillant des réfugiés ukrainiens. Cette aide doit être mise en place fin novembre.

Les ménages français accueillant des réfugiés ukrainiens chez eux vont bénéficier d'une aide à partir de la fin du mois de novembre. C'est ce qu'a annoncé lundi la Première ministre Elisabeth Borne, assurant vouloir soutenir "nos compatriotes qui accueillent des déplacés ukrainiens chez eux", a-t-elle expliqué devant l'Assemblée nationale, sans donner de chiffres.

Cette aide pourrait s'établir autour de 150-200 euros si l'on en croit les déclarations au Monde en juillet dernier du préfet Joseph Zimet, qui pilote la cellule interministérielle de crise sur l'accueil des Ukrainiens. Dans un entretien, il avait indiqué que cette aide à l'étude à l'époque, pourrait s'élever entre "150 et 200 euros pendant quelques mois", afin de pérenniser l'accueil des réfugiés ukrainiens en France. "Avoir un ménage ukrainien chez soi pendant plusieurs mois, cela engendre des charges financières et peut entraîner une forme de lassitude", assurait également Joseph Zimet.

"200 euros pour quatre personnes, ce n'est pas beaucoup"

C'est ce qu'explique ce mardi sur le plateau d'"Estelle Midi" Emma Dancourt, qui a vu des réfugiés ukrainiens être accueillis dans son petit village de l'Est de la France: "On a reçu deux familles, une par la mairie et qui est repartie à Kiev, et une autre, une mère et ses trois enfants, qui a décidé de s'y installer".

"On a tous donné des paniers de courses, du sucre, du papier toilette. Mais cela n'a pas suffi alors que c'est une famille qui n'est pas riche qui a accueilli ces réfugiés ukrainiens. Ils leur paient absolument tout et je suis sûre qu'ils seront soulagés de recevoir 200 euros pour quatre personnes, ce qui n'est pas beaucoup", ajoute-t-elle.

"Ceux qui reçoivent depuis plusieurs mois ne le font pas pour l'argent"

Mais Estelle Denis craint qu'un business n'en naisse et que l'accueil des réfugiés ukrainiens ne devienne une industrie. Une crainte qui fait bondir Emma Dancourt: "Cela ne va jamais devenir une initiative mercantile. Ceux qui reçoivent depuis plusieurs mois ne le font pas pour l'argent", assure-t-elle.

Plus de 100.000 Ukrainiens, dont 19.000 enfants scolarisés, ont été accueillis en France. Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, près de 7 millions de personnes ont fui le pays selon un bilan du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), paru en juin dernier.

G.D.