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"Une école dure à isoler": une commune de la Manche va offrir une polaire aux élèves

Parce qu'il craint de ne pas pouvoir chauffer suffisamment l'école de la ville, le maire d'une petite commune de la Manche a choisi de débloquer 5.000 euros pour offrir une polaire à tous les élèves de sa ville.

Faute de chauffage suffisant, une commune normande a choisi d'offrir une polaire à tous les écoliers. La municipalité de Périers (2.200 habitants), dans la Manche, craint de ne pas pouvoir chauffer comme il le faut ses classes et a donc débloqué une enveloppe de 5.000 euros pour doter les 350 enfants scolarisés d'habits chauds alors que la crise énergétique couve.

"Dès le mois de mai, sans attendre les consignes gouvernementales, j'ai eu cette idée. À l'époque, on avait coupé le chauffage mais il avait fait très froid", raconte Gabriel Daube, le maire de la commune, dans "Les Grandes Gueules" ce lundi sur RMC et RMC Story, assurant alors avoir dû le remettre dans la foulée.

"J'ai une très belle école maternelle construite en 2000 mais elle est tout en verre et elle est très dure à isoler", explique l'élu. "On va offrir une polaire floquée au nom de la ville. Ils le porteront s'ils veulent. Car 19 degrés, c'est supportable pour un adulte mais pour un enfant, ça peut être trop peu".

"Je ne me plains pas de l'Etat, j'ai fait des travaux d'isolation, j'ai juste un problème avec cette école vitrée". Et il l'assure, cela ne va pas augmenter le budget de la ville, cet investissement étant fait sur d'autres économies réalisées auparavant.

"Pour acheter des polaires et des cols roulés, ils sont forts"

Mais l'initiative ne convainc pas sur le plateau des "Grandes Gueules". "L'uniforme, je peux y souscrire. Mais couvrir et parer les enfants parce qu'on va baisser le chauffage, je trouve ça ridicule, ça me rappelle mon grand-père qui me racontait aller à l'école avec une bûche de bois pour remplir le poêle de l'école pour se chauffer", raconte l'agriculteur Didier Giraud.

"On va bientôt s'éclairer à la bougie", ironise l'avocat Charles Consigny. "Je ne connais pas la situation de cette commune, peut-être qu'il y a beaucoup d'enfants défavorisés mais je ne pense pas que c'est aux pouvoirs publics d'habiller les gens. Je pense que la prise de conscience que l'hiver en France, car on n'est pas censé être en t-shirt chez soi et qu'on peut mettre un pull, est une bonne chose", ajoute-t-il.

Ancienne enseignante, Barbara Lefebvre raconte plutôt avoir eu très chaud l'hiver avec des chauffages à fond dans les salles de classe et impossibles à moduler. "Après la guerre du Covid, c'est la guerre du froid. Si ça se trouve, il va faire bon cet hiver. C'est un geste de la commune mais je pense surtout que c'est de la communication", ajoute-t-elle.

"Pour signer des Cop 21, les gouvernants sont forts. Mais ils ne mettent même pas en œuvre ces politiques. Par contre, pour acheter des polaires et des cols roulés, ils sont forts. Ils n'ont que des stratégies à la petite semaine", conclut l'ex-enseignante.

Guillaume Dussourt