RMC

Les Ehpad privés épinglés par la DGCCRF pour pratiques commerciales irrégulières

Les résidents de l'EHPAD de Montrouge dans notre reportage du 12 juillet 2022.

Les résidents de l'EHPAD de Montrouge dans notre reportage du 12 juillet 2022. - BFMTV

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a enquêté pendant plusieurs mois dans les Ehpad privés et a relevé nombre d'arnaques, de fausses annonces ou encore des erreurs de prix. Malgré cet épinglage, très peu de sanctions sont tombées.

Neuf mois après le scandale Orpéa et les accusations de maltraitance, les Ehpad privés sont désormais épinglés par la DGCCRF. Des "plats maison" industriels, une salle de gymnastique qui n'existe pas ou encore un affichage trompeur des prix… La majorité des Ehpad privés ont des pratiques commerciales irrégulières selon la DGCCRF.

Pendant trois ans, entre 2019 et 2021, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, a mené près d'un millier de contrôles pour scruter les pratiques commerciales de ces établissements. Et le résultat n'est pas reluisant.

Des prix affichés qui ne correspondent pas à la réalité. Des modalités de résiliation désavantageuses. Ou des facturations abusives de services déjà compris voire inexistants. Selon la répression des fraudes, plus d’un Ehpad privé à but lucratif sur deux n’est pas en conformité.

Des manquements de l'Etat?

Pourtant il y a peu de sanctions, surtout des rappels à l’ordre, et 17 procès-verbaux en trois ans. Selon Romain Gizolme de l’association des directeurs au service des personnes âgées, cette enquête ne doit pas exonérer l’Etat de ses propres manquements.

“Si c’est annoncer le fait de mettre à disposition des professionnels que pour autant, la structure n’a pas réussi à recruter alors qu’elle le souhaiterait, c’est une mesure plus sectorielle qui révèle cette difficulté d’attractivité parce que l’Etat n’a pas engagé les investissements qu’il aurait dû engager pour rendre, les conditions de travail plus acceptables et l’accompagnement des personnes âgées de meilleure qualité”, explique-t-il.

Les établissements privés à but lucratif représentent 20% des 7500 Ehpad français.

Vincent Chevalier avec Guillaume Descours