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Mosquée de Strasbourg: "Je souhaite que Millî Görüş accepte et adopte les principes de la République"

A Mulhouse, la municipalité qui s'était opposé à l'association cultuelle Millî Görüş contre un projet de mosquée, en appelle aujourd'hui à l'Etat après avoir été débouté plusieurs fois par la justice.

Avant la polémique sur la mosquée de Strasbourg, l’association Millî Görüş non-signataire de la charte sur la laïcité de l’Etat et soupçonnée par les autorités de se faire le relais de la politique du président turc Erdogan, avait déjà eu maille à partir avec les autorités locales. En 2013, la municipalité de Mulhouse et l’association cultuelle avait eu un différend lié à une autre mosquée. Les membres de l’association avaient à l’époque rencontré le maire LR de la ville Jean Rottner, aujourd’hui président de la région Grand Est révèle Le Canard Enchaîné.

"C’est exact, je les ai rencontrés en 2014", a reconnu ce matin le principal intéressé sur RMC. Il explique que le désaccord sur le projet de mosquée à Mulhouse portait sur la localisation du lieu de culte. Selon lui, l’association a dans un premier lieu voulu implanter la mosquée dans "une friche industrielle, à vocation industrielle", ce à quoi s’est opposée la municipalité. "Depuis 7 ans nous sommes dans une bataille juridique et nous avons été déboutés. Le recours, aujourd’hui, c’est l’Etat. J’en ai référé au ministre de l’Intérieur à la demande du maire de Mulhouse", a précisé Jean Rottner.

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"Il y a une forme de double langage de la part de cette association"

Mais les choses ont changé depuis cette époque. Il n'est aujourd'hui plus seulement question seulement de localisation de la mosquée et le président de la région Grand Est hausse le ton: "Aujourd’hui l’Islam politique et consulaire a modifié nos rapports à cette communauté dans le pays. J’approuve la charte de la laïcité développée par Gérald Darmanin et par le gouvernement français. Il doit y avoir de la part des Musulmans, une acceptation des principes républicains de notre pays. La République doit être incarnée dans les associations et les associations cultuelles doivent s’y soumettre", appelle-t-il. Or, l'association Millî Görüş, refuse de signer cette charte de la laïcité.

"Je souhaite que Millî Görüş accepte et adopte les principes de la République française. Dans un journal local, ils disaient qu’ils aménageaient un petit hangar. Soit ils aménagent un hangar, soit ils font une nouvelle mosquée. Il y a une forme de double langage souvent de la part des responsables de cette association. Nous revendiquons souvent de mieux connaitre l’origine de nos interlocuteurs et de leurs fonds, aujourd’hui nous sommes dénués de toutes responsabilités dans ce domaine", assure Jean Rottner.

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G.D.