RMC

Alerte sur la "puff": "C'est un produit dédié aux jeunes pour les faire entrer dans le tabagisme"

Le mois sans tabac commence ce 1er novembre, avec plus de 128.000 personnes inscrites cette année. Invité sur RMC et RMC Story ce mardi, Loïc Josseran, président de l'Alliance contre le tabac, rappelle qu'il n'y a pas une seule et même méthode pour arrêter de fumer. Il alerte aussi sur les dangers de la puff, cette cigarette électronique jetable, très utilisée chez les jeunes.

Comme tous les ans, le mois sans tabac commence ce 1er novembre. Accompagnés d'un kit, d'un tabacologue et de la communauté, les 128.000 personnes inscrites vont tenter de réduire ou d'arrêter leur consommation.

Ce dispositif existe depuis 2014. "Il y a eu un énorme démarrage quand ça a été lancé, avec 900.000 inscrits. On est donc peut-être, maintenant, sur une ligne de fond qui est autour de 110.000 à 130.000 personnes prêtes à s’arrêter tous les ans à ce mois-ci", explique Dr Loïc Josseran, président de l'Alliance contre le tabac (ACT), invité sur RMC et RMC Story ce mardi. L'un des souhaits de l'association est le passage progressif au parquet à 15 euros en 2027.

"Il faut un vrai courage politique pour aller dans ce sens et marquer le coup. L'OMS le dit, et cela est prouvé, l’augmentation du prix du paquet est la meilleure façon, notamment, de ne pas entrer dans le tabagisme", affirme-t-il.

"Trois à quatre fois plus de chances de devenir fumeur quand on commence par la cigarette électronique"

Au-delà de l'arrêt de la cigarette, l'un des objectifs de l'ACT est que les jeunes ne commencent pas. Le problème, c'est que de plus en plus de mineurs achètent et consomment du tabac à travers la "puff".

"C'est une petite cigarette électronique à usage unique et prête à l'emploi, qui coûte entre 8 et 10 euros. C’est flashy avec des goûts très divers et sucrés. C'est un produit dédié aux jeunes, qui n'a pour seul objectif de les accrocher et de les faire entrer dans le tabagisme", dénonce le Dr Loïc Josseran.

Si la puff est censée être interdite aux mineurs, de nombreux vendeurs seraient peu regardants, d'après lui. Une étude réalisée par l'ACT montre qu'"un enfant sur dix, entre 13 et 16 ans, en a déjà acheté".

Face à ce fléau et les risques qui y sont liés, l'Alliance contre le tabac demande l'interdiction de la puff. "Les études montrent qu'on a trois à quatre fois plus de chances de devenir fumeur quand on commence par la cigarette électronique, sans compter l’insulte environnementale que cela représente. Vous allez vous en servir quelques dizaines de minutes, ça va finir par terre, dans le caniveau, il y a une batterie au lithium, mais aussi des restes de liquide dedans, du plastique, de la ferraille", se désole Dr Loïc Josseran.

Il rappelle que pour arrêter de fumer, il n'y a pas qu'une seule méthode: "Il y en a presque autant qu’il y a de fumeurs."

"S’arrêter, c’est aussi une espèce de vis sans fin où on avance, on va essayer une fois et malheureusement on va retomber, on va recommencer et à force de tentatives, il y a un moment où ça va fonctionner", conclut-il.

AB