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Coronavirus: les traiteurs font grise mine après des annulations en cascade

En difficulté comme les autres secteurs de la restauration, les traiteurs se tournent vers leurs assurances. Mais le coronavirus n'est pour le moment pas un motif de dédommagement.

Toutes les régions françaises de métropole sont désormais touchées par le coronavirus avec près d'une centaine de nouveaux cas en 24 heures et deux nouveaux décès, selon un dernier bilan confirmant la probabilité d'un passage, tôt ou tard, au stade épidémique. Et les différentes mesures prises pour endiguer la propagation du virus couplées à la psychose ambiante, ont un fort impact sur l'activité économique. Un secteur est particulièrement touché, celui des traiteurs. Les professionnels du secteur évoquent une perte de chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros, en une semaine.

Dans les cuisines de ce traiteur de l'Essonne, l'ambiance est beaucoup plus calme que d'habitude. Les commandes sont annulées, les unes après les autres: "Cela se ressent au niveau du travail, d'habitude on fait des journées un peu plus longues et là à 14-15 heures on est partis. Il y a beaucoup moins de gens en cuisine, tous les jours on espère que la contagion s'arrête", assure Sébastien Peyronny le chef cuisinier. 

Un étage au-dessus, à la direction, c'est là aussi, la soupe à la grimace, avec des annulations quotidiennes. Aziz Bentaleb, est un gérant inquiet, il voit son chiffre d'affaire baisser dangereusement: "Hier soir on était à 115.000 euros de perte sur 18 affaires en quatre jours. Le mois de mars c'est un mois crucial, il y a tous les salons qui sont organisés et qui sont désormais annulés".

"Nous souhaiterions étendre le cas de catastrophe naturelle à la crise sanitaire actuelle"

Alors ce gérant a fait appel à son assurance. Mais il n'est pas couvert pour ce genre d'imprévu. Voilà pourquoi la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) souhaite la mise en place d'un état de catastrophe sanitaire.

"Aujourd'hui dans les motifs pour permettre de faire jouer cette garantie 'perte d'exploitation', on a le vandalisme, le bris ou l'arrêt de machine et les catastrophes naturelles. Et nous souhaiterions étendre ce cas de catastrophe naturelle à la crise sanitaire telle qu'on la connait aujourd'hui ce qui permettrait aux entreprises ayant souscrites une assurance 'perte d'exploitation' d'être couvertes", plaide Jean Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CPME. 

Une mesure qui serait difficile, voir impossible à mettre en place pour le moment, selon la Fédération française de l'assurance, qui plaide pour la création d'un fond d'urgence comme lors de la crise des "gilets jaunes". Une option qui n'est pas envisagée par le gouvernement pour l'instant.

Rémy Ink (avec Guillaume Dussourt)