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Délestage de patients sous respirateur: "J'ai été prévenue dès octobre" témoigne la femme d'un malade

Alors qu'Enedis prévient que les patients équipés de respirateurs artificiels à domicile ne seront pas épargnés en cas de coupure d'électricité, la femme d'un malade raconte dans les Grandes Gueules avoir été prévenue par l'opérateur dès octobre. Et elle l'assure, elle n'aura pas d'autre choix que d'emmener son mari à l'hôpital en cas de délestage. Malgré tous les risques encourus lors du transfert.

Les coupures d'électricité pourraient menacer les plus vulnérables. C'est ce qu'a assuré Laurent Méric le porte-parole d'Enedis lundi sur BFMTV, expliquant que les personnes sous respirateur artificiel à domicile étaient "non-prioritaires" et "délestables" en cas de coupure de courant. Ces dernières seront cependant déplacées vers un endroit qui n'est "pas délesté". La compagnie chargée de l'acheminement de l'électricité en France devrait les contacter 2 jours avant la coupure.

Christine une habitante du Pas-de-Calais dont l'époux est sous respirateur artificiel assure avoir déjà été prévenue: "J'ai été mise au courant en octobre par un appel d'Enedis qui voulait s'assurer de mon adresse", raconte-t-elle ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"Dans la foulée, Enedis m'a demandé si on avait des batteries. Oui nous en avons mais il n'y a pas que les batteries. Mon mari est sous respirateur mais trachéotomisé. On a donc un aspirateur de mucosité, un aérosol et j'en passe. Il n'y a pas que le respirateur artificiel à prévoir", explique-t-elle sur RMC et RMC Story.

"On n'a eu aucune autre information"

Christine assure que l'appel d'Enedis n'était que préventif, son interlocuteur lui recommandant de se tourner vers le pneumologue en charge de son mari: "À l'hôpital ils ont bondi parce qu'ils n'ont pas assez de place en temps normal sans compter le déplacement d'un malade", déplore-t-elle.

"Ce problème d'énergie est connu depuis des mois et des mois et là il y a l'hiver qui arrive et au dernier moment on s'en occupe", peste de son côté le médecin généraliste Jérôme Marty. "Il faut demander à Olivier Véran le porte-parole du gouvernement et à François Braun le ministre de la Santé combien il y a de patients sous respirateurs et où sont-ils? Est-ce qu'ils ont bossé le sujet?", s'interroge le praticien.

Aujourd'hui, Christine n'a pas trop de choix en cas de coupure d'électricité: "Je n'ai pas le choix, je suis obligée de me mettre en danger et d'aller à l'hôpital", assure-t-elle alors que son mari n'est transportable qu'en ambulance et en position allongée. "On n'a eu aucune autre information, on est obligé d'aller piocher les infos partout", s'inquiète-t-elle.

"S'ils n'ont pas d'oxygène, ils meurent"

"Ce serait une catastrophe, ils sont irresponsables", alerte de son côté Valentin, installateur de respirateurs artificiels à domicile dans le Loiret. "En cas de coupure, les personnes sous respirateur sont équipées d'une petite bouteille d'oxygène. Mais si on a 50 patients coupés en même temps, c'est totalement ingérable. On ne pourra pas apporter de bouteille d'oxygène pour palier à ces coupures. On met en danger des gens comme ça, s'ils n'ont pas d'oxygène, ils meurent".

Et les déplacer relève aussi de l'exploit alors qu'Enedis assure que les patients menacés bénéficient d'un numéro de téléphone dédié et pourront être prévenus en avance: "La majorité des gens appareillés sont âgés et isolés, loin des hôpitaux, comment fait-on pour les déplacer?", s'interroge Valentin qui évoque rien que dans le Nord, ancien bassin minier, énormément de gens sous respirateur en raison du travail dans les mines.

La cellule interministérielle de crise travaille sur l’hypothèse de 6 à 10 délestages durant l’hiver, pour compenser la baisse de la production d’électricité. Les Français seront prévenus par un signal EcoWatt rouge envoyé par RTE, le gestionnaire des lignes à haute et très haute tension.

G.D.