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Coupures d'électricité: le discours ambivalent du gouvernement entre prévention et appels au calme

Le gouvernement explore toutes les pistes face au risque de pénurie d'électricité. Mais dans le même temps, Emmanuel Macron appelle à ne pas paniquer. Une manière, pour les "GG", de sortir vainqueur de la crise, quoi qu'il arrive.

En plein hiver, le gouvernement souffle le chaud et le froid. Alors que la Première ministre Elisabeth Borne prépare les représentants de l'Etat à d'éventuelles coupures d'électricité en plein hiver, Emmanuel Macron appelle les Français à ne pas céder à la "panique", soulignant que le gouvernement travaille sur un "scénario extrême" qu'il est, selon lui, tout à fait possible d'éviter.

"C'est normal que le gouvernement prépare un cas extrême parce que, les dernières années nous l'ont montré, parfois l'impensable arrive", a assuré le chef de l'Etat lors d'une interview à TF1 depuis les Etats-Unis où il est en visite. Emmanuel Macron a également estimé que ces coupures pourraient être évitées si la consommation était baissée de 10 %, selon le plan présenté par le gouvernement.

Des besoins en énergie qui ont augmenté

"Si on est tous capables de faire les efforts nécessaires, que ce soient les entreprises, l'Etat, les collectivités locales et chacune et chacun d'entre nous, il n'y pas de raison qu'on ne traverse pas l'hiver dans les meilleures conditions possibles", a abondé ce lundi matin sur RMC et BFMTV le ministre des Comptes publics Gabriel Attal.

Mais l'inquiétude persiste alors que le thermomètre s'approche de zéro un peu partout en France en ce début du mois de décembre: "Ce qui n'a pas été anticipé, c'est le besoin d'autant d'énergie, c'est ça le sujet", croit savoir l'ancien ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari sur le plateau des "Grandes Gueules". "Tous les rapports de programmation n'avaient pas anticipé qu'on aurait sûrement besoin de deux fois plus d'électricité que prévu à l'horizon 2050".

"Calcul de communication"

Pour Barbara Lefebvre, le gouvernement aurait pourtant pu prévoir tout ça: "Tous les rapports du GIEC disent qu'un certain nombre de produits d'énergies fossiles vont flamber parce qu'on va arriver à des moments d'obligation de transition écologique et de pénurie. Ce n'est pas lié ponctuellement à la crise", estime-t-elle.

L'ancienne enseignante estime que l'exécutif fait semblant d'anticiper: "Deux mois avant, ce n'est pas anticiper. Il y a dans tout ça beaucoup de calcul de communication, dès 2020 et 2021 on parlait de problématique d'approvisionnement", assure-t-elle.

"Il y a un calcul. D'un côté, on fait peur aux gens parce qu'on pense que c'est par la peur qu'on va amener les Français à avoir un comportement de sobriété et de l'autre côté Emmanuel Macron dit de ne pas s'inquiéter. Cela leur permettra de gagner sur les deux tableaux. Ils pourront dire qu'ils avaient prévenu s'il y a des délestages et ils pourront dire qu'ils ont tout géré s'il n'y en a pas", anticipe Barbara Lefebvre.

Les appels à la sobriété ont semble-t-il déjà fonctionné. La semaine passée, RTE le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France, a annoncé avoir observé une baisse de 6,4% de la consommation d'électricité au mois de novembre et par rapport aux années précédentes. Et RTE a également écarté toutes coupures "à très court terme" malgré le froid.

G.D.