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Pas de confinement le week-end sauf dans le Pas-de-Calais: les coulisses de la décision du gouvernement

Alors que 20 départements ont été placés "sous surveillance renforcée" jeudi dernier, Jean Castex va annoncer de nouvelles mesures drastiques, ce soir, notamment pour le Pas-de-Calais.

Le retour à des vies plus normales “est en vue”. C'est ce qu'a lâché mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Un horizon fixé à mi-avril. 

Face à l'épidémie de Covid-19 qui ne ralentit pas, le gouvernement va confiner uniquement le Pas-de-Calais durant le week-end, mais laisser les habitants de Paris et des départements sous surveillance renforcée libres de circuler... sous certaines conditions.

Jean Castex s'adressera aux Français lors de la traditionnelle conférence de presse faisant le point sur la situation sanitaire. L'occasion d'annoncer de nouvelles restrictions pour faire face à la progression de l'épidémie de coronavirus. Selon cette source gouvernementale, ces restrictions vont être appliquées dans ces départements, au cas par cas et en concertation avec les élus locaux, visant en particulier les lieux de brassage. 

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"Au cas par cas"

Finis donc les anniversaires entre copains le samedi après-midi et les rassemblements sur les places de Boulogne-sur-mer et de Calais le week-end. Dans ce département populaire, le gouvernement a donc suivi les demandes du préfet et d'une partie des élus. Il faut dire que la situation s'est encore dégradée ces derniers jours.

Le taux d'incidence y est supérieur à 400 cas par 100.000 habitants, soit presque le double de la moyenne nationale, les réanimations de la région Hauts-de-France sont occupés par plus de 90% de patients Covid, la très forte présence du variant britannique et la proximité avec l'agglomération de Dunkerque ont également pesé dans la prise de décision de l'Exécutif. Un sacrifice consenti par les élus qui réclament désormais un déploiement massif et rapide des vaccins. 

Pas de reconfinement en Ile-de-France

En revanche, l’Île-de-France va donc passer entre les gouttes. Le gouvernement et Emmanuel Macron en tête n'ont pas voulu confiner la région capitale. 

Pourquoi? Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron ne voulait pas confiner l'Ile-de-France. "Pas de mesures radicales tant que tout n'a pas été tenté" a t-il fait savoir dès le début de la semaine à son gouvernement.
Il faut dire que risque politique est bien plus élevé dans la région capitale que dans le Pas-de-Calais. Un certain nombre d'élus comme la maire de Paris ou le président du département de la Seine-Saint-Denis sont montés au créneau. Un risque également jugé trop élevé face au risque de non-respect de la mesure.

"On s'approche du mur mais on n’est pas encore au pied du mur", indiquait jeudi soir un proche du Premier ministre à RMC, qui expliquait que "confiner un ou deux départements en Île-de-France n'avait strictement aucun sens". 

Cela pose pourtant problème dans certains départements: la situation de la Seine-Saint-Denis est quasi-identique à celle du Pas-de-Calais. Et la situation est critique dans le Val-de-Marne et le Val-d'Oise. 

Vers l'annonce de nouvelles mesures... et des nouvelles restrictions

Pour tenter de renverser la tendance, le gouvernement devrait annoncer ce jeudi soir la mise le déploiement de nouvelles doses de vaccins. 35% de doses en plus ont déjà demandé les services de la région Ile-de-France. Le gouvernement qui réfléchit aussi à accélérer la campagne, les pharmaciens pourraient être très prochainement mis à contribution.

Des restrictions locales seront par ailleurs annoncées par les préfets, interdiction d'accès à certaines zones, nouvelles jauges dans les commerces ou encore interdiction de la vente d'alcool sur la voie publique dans certains secteurs de la région. 

Enfin, Jean Castex présentera une nouvelle carte de l'épidémie: l'Aube, les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes pourraient passer sous surveillance renforcée. En revanche, il faut aussi noter un début d'amélioration dans certains départements notamment le Moselle, les Alpes-Maritimes même si attention la situation y est encore très critique ou encore les Bouches-du-Rhône qui ont échappé à un reconfinement le week-end.

Jérémy Trottin avec Guillaume Descours