RMC

Pénurie de médicaments: "On se croirait dans un pays sous-développé" dénonce un pharmacien

Les pharmaciens tirent la sonnette d'alarme à la veille des grands rassemblements de Noël. La situation est préoccupante avec de nombreux médicaments, et notamment des antibiotiques, introuvables en pharmacie.

Les antibiotiques se font rares dans les pharmacies françaises, tout comme le doliprane, surtout pour enfant. Il faut parfois multiplier les visites en officines pour trouver ses médicaments. En cause, une hausse de la demande mondiale qui entraîne de sérieuses pénuries partout sur le territoire. Une situation inédite et très inquiétante selon Bruno Fellous, pharmacien à Levallois-Perret.

“C’est catastrophique. On se croirait dans un pays sous-développé ou en 1920, quand on cherchait des traitements alternatifs pour soigner nos patients. On est en pleine saison hivernale. Il y a des pathologies toute la journée et on a un manque de médicaments, un manque de produits. J’appelle notre ministre de la Santé à réquisitionner des laboratoires pour fabriquer et imposer aux laboratoires de fournir les pharmacies et les officines en France. Parce que là, on est dans une situation ultra-tendue”, assure-t-il.

Ce manque de médicaments, les patients le subissent aussi. Franck est infecté au pied et sous d'antibiotiques pour se soigner. Il a enfin trouvé, mais pas sans mal. “Première pharmacie, pas d’antibiotiques, deuxième pharmacie non plus. Il a fallu que je continue et que je fasse 20 km en voiture pour aller en chercher dans un petit village en-dessous de Nantes”, indique-t-il.

Une pénurie durable?

Même galère pour les plus petits, en témoigne Maguelone, une jeune maman.

“Je cherchais de l'amoxicilline pour mon bébé d'un an qui a une otite. Ça fait trois pharmacies que je fais et apparemment, c’est la rupture partout”, confie-t-elle.

Des tiroirs d’antibiotique vides, comme nous le prouve Mélanie, la pharmacienne, “Les sirops pour enfant, on n'a plus rien”, indique-t-elle. Une situation inquiétante à l’approche des fêtes. “Il va y avoir des rassemblements de famille avec les grands-parents qui vont manger avec les petits-enfants. Donc ça va encore continuer à être de plus en plus compliqué”, regrette-t-elle.

Pour Philippe Besset, président de la fédération des syndicats des pharmaciens, l’Etat doit vite réagir. Mais le retour à une situation normale n’est pas prévu avant le retour du printemps, en mars prochain.

Alexis Vivier avec Guillaume Descours