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Scandale Buitoni: Yohan, père d'une victime, prend au mot Olivier Véran et veut le rencontrer

Yohan est le père du petit Nathan, mort après avoir mangé une pizza Buitoni. Il a témoigné pour la première fois ce jeudi matin sur RMC. Confronté à ce témoignage Olivier Véran a assuré qu'il accepterait de répondre aux familles des victimes si elles souhaitaient le contacter, ce que Yohan confirme ce jeudi matin.

Olivier Véran a fait part de son émotion ce jeudi, confronté en direct sur RMC et BFMTV au témoignage de Yohan. Ce père de famille a vu son fils Nathan, âgé de 8 ans, mourir dans la nuit du 17 au 18 février soit quinze jours après avoir consommé une pizza surgelée. Il s'est confié pour la première fois ce jeudi sur RMC. "Au départ j’ai vraiment eu un sentiment de culpabilité parce que j’ai nourri mon fils, je lui ai donné cette pizza et j’ai eu le sentiment d’assassiner mon fils", nous a-t-il confié.

Il en a profité pour interpeller le ministre de la santé Olivier Véran. "Il ne fait rien. On attend tous qu’il prenne la parole et qu’il arrête de se défiler, que des sanctions soient prises à l’encontre des industriels qui ne respectent pas les règles", a-t-il lancé.

Le ministre s'est donc exprimé sur le sujet ce jeudi matin face à Apolline de Malherbe et s'est dit "dévasté" par la mort du petit Nathan. "C'est poignant, je m'associe pleinement à la douleur de ce père", a-t-il indiqué avant de préciser qu'il n'avait "pas le droit" de contacter les familles des victimes en raison du "secret médical", mais qu'il leur répondra "s'ils souhaitent me contacter directement".

Depuis le début du scandale les familles demandaient une prise de parole publique du gouvernement. C’est maintenant chose faite. Le papa du petit Nathan, Yohan, on l’a eu au téléphone après l’interview du ministre. Il a décidé de le prendre au mot et de solliciter une rencontre avec le ministre de la Santé en présence de son avocat Maître Pierre Debuisson. Et aussi avec le ministre de l’Economie.

Il reste de nombreuses questions sans réponse

Parce qu’évidemment sur le fond de l’affaire, il y a énormément de questions qui restent sans réponse. Sur la question des contrôles notamment, au vu de ces photos et ces vidéos de l’usine que nous avons dévoilé, les conditions d’hygiène peuvent apparaître catastrophiques. On sait qu’il y avait eu un avertissement en 2020. Pourquoi ça n’a pas été suivi d’effets? Olivier Véran ne répond pas à cette question, et renvoie au ministère de l’Economie, à Bercy. C’est vrai que les contrôles dans les usines sont menés par la répression des fraudes, donc relèvent de Bercy mais à un moment il faudra comprendre ce qu’il s’est passé, pourquoi on a laissé cette usine fonctionner, produire des pizzas, malgré les alertes, malgré les avertissements.

Après l’affaire du lait contaminé il y avait eu une commission d’enquête parlementaire qui avait fait des préconisations, notamment renforcer les moyens de contrôle. C’est tout le contraire qui s’est passé. Le nombre de contrôles réalisés par la Direction Générale de l'alimentation a diminué de 33 % entre 2012 et 2019. Et de 2007 à 2020, les services de la répression des fraudes sont passés de 3 600 à 2 600 agents.

56 cas d'intoxication alimentaires grave

Il y a encore d’ailleurs des pizzas produites dans cette usine de Caudry qui sont toujours en rayon, les pizzas de la gamme Four à Pierre. L’usine est fermée mais les pizzas ont été confectionnées avant la fermeture. Une plainte au moins a été déposée par la maman d’une petite fille qui est tombée très malade après avoir mangé une pizza Four à Pierre. On a retrouvé chez elle la présence de la bactérie escherischia coli. Pourquoi ces pizzas sont encore dans les rayons ? Ce que répond Olivier Véran c’est qu’il y a je cite "des enquêtes très fines qui sont menées". En fait les autorités estiment pour l’instant en tous cas qu’il n’y a pas de "signal épidémiologique", de contamination particulière liée aux pizzas Four à Pierre.

Du côté de l’enquête, il y a officiellement eu 56 cas d'intoxication alimentaires grave, des enfants qui ont développé un SHU un syndrome hémolytique et urémique avec des effets secondaires très importants. Principalement des enfants âgés de 1 à 17 ans. Le parquet de Paris s'est officiellement saisi de 11 plaintes mais il y en a au moins 35 déposées, selon les informations qu’on a recueillies auprès des avocats. Il y a eu des perquisitions dans l’usine de Caudry et au siège de Nestlé. Mais toujours pas de juge d'instruction désigné, ce que demandent pourtant les familles des victimes et leurs avocats.

Marie Dupin et J.A.