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Scandale Buitoni: le témoignage fort de Yohan, père d'une victime, qui interpelle Olivier Véran

Yohan, père d'un enfant mort après avoir mangé une pizza Fraich'Up de Buitoni, témoigne sur RMC ce jeudi. Son fils Nathan avait 8 ans, il est mort dans la nuit du 17 au 18 février soit quinze jours après avoir consommé une pizza surgelée de la marque du groupe Nestlé.

Le père d'un enfant décédé après avoir mangé une pizza Fraich'Up de la marque Buitoni témoigne. Une première. Son fils Nathan avait 8 ans, il est mort dans la nuit du 17 au 18 février soit quinze jours après avoir consommé une pizza surgelée de la marque du groupe Nestlé.

Tout commence le 4 février. C'est vendredi soir, Yohan passe chercher ses deux enfants à l'école, c'est le week-end. Et pour leur faire plaisir il achète une pizza Buitoni de la gamme Fraich'Up, pour la manger le soir devant la télé. Mais quelques jours plus tard, son fils Nathan est hospitalisé. Puis tout va très vite:

"Je n’oublierai jamais ce 17 février, quand l’hôpital m’a appelé en urgence. J’ai trouvé mon fils Nathan dans son lit avec une personne debout en train de le masser. Il en était à son deuxième arrêt cardiaque de la soirée. C’est la dernière image que j’ai de mon fils", assure-t-il à RMC.

"Il faut prendre position pour qu’il y ait des actions fortes"

"Au départ j’ai vraiment eu un sentiment de culpabilité parce que j’ai nourri mon fils, je lui ai donné cette pizza et j’ai eu le sentiment d’assassiner mon fils. Moi j’ai fait un enfant pour en prendre soin, pas pour qu’il meure à 8 ans. Cela fait depuis le 18 février que mon enfant est parti, tous les jours je trouve la force pour me lever mais ce n’est pas facile", explique Yohan.

Et comme beaucoup de familles d'enfants contaminés par ces pizzas Buitoni, Yohann aimerait une réaction du gouvernement et en particulier du ministre de la santé Olivier Véran: "Aujourd’hui on est dans le pays ou des enfants meurent parce que des industriels ne respectent pas les règles et on ne fait rien".

"Monsieur Véran ne fait rien. On attend tous qu’il prenne la parole et qu’il arrête de se défiler, que des sanctions soient prises à l’encontre des industriels qui ne respectent pas les règles. Il faut prendre position pour qu’il y ait des actions fortes et que tout cela n’arrive plus", appelle Yohan.

56 cas répertoriés

Un nouveau bilan a été publié par les autorités sanitaires mercredi: 56 cas d'intoxications alimentaires ont été identifiés. La quasi-totalité des victimes sont des enfants âgés de 1 à 17 ans. Le parquet de Paris s'est officiellement saisi de 11 plaintes dans ce dossier pour l'instant mais il y en a beaucoup plus. Au moins 35 plaintes ont été déposées selon deux des avocats des victimes : Maître Pierre Debuisson et Maître Richard Legrand. A lui seul, Me Pierre Dubuisson a été saisi par plus de 45 victimes. Et d'autres plaintes seront déposées dans les prochains jours. La plupart pour "homicides involontaires", "blessures involontaires" et "tromperie sur une marchandise". Pour le reste aucun juge d'instruction n'a été désigné, ce que demandent pourtant les familles des victimes et leurs avocats.

D'autres gammes concernées?

Deux autres plaintes ont été déposées pour des gammes de pizza Buitoni n'ayant pas encore été retirées du marché, les Bella Napoli produites en Italie. Mais aussi les pizzas de la gamme Four à Pierre, produites dans la même usine que les pizzas Fraîch up, à Caudry dans le Nord, , usine mise en cause par un ancien salarié sur RMC qui s'étonnait qu'il n'y ait "pas eu d'accident avant". Les autorités affirment qu'il n'y aurait pas de "signal épidémiologique", pas de contamination particulière liée à la consommation des pizzas Four à Pierre, même si des analyses sont toujours en cours sur cette gamme.

La réaction d'Olivier Véran sur RMC

Après la diffusion de ce témoignage, le ministre s'est ensuite exprimé sur le sujet ce jeudi matin face à Apolline de Malherbe et s'est dit "dévasté" par la mort du petit Nathan. "C'est poignant, je m'associe pleinement à la douleur de ce père", a-t-il indiqué avant de préciser qu'il n'avait "pas le droit" de contacter les familles des victimes en raison du "secret médical", mais qu'il leur répondra "s'ils souhaitent me contacter directement".

Depuis le début du scandale les familles demandaient une prise de parole publique du gouvernement. C’est maintenant chose faite. Le papa du petit Nathan, Yohan, on l’a eu au téléphone après l’interview du ministre. Il a décidé de le prendre au mot et de solliciter une rencontre avec le ministre de la Santé en présence de son avocat Maître Pierre Debuisson, et aussi avec le ministre de l’Economie.

Anne-Lyvia Tollinchi, Jean-Baptiste Bourgeon et Marie Dupin