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Septuagénaire agressée à Oloron: "Je ne veux pas qu'on jette l'opprobre sur les autres migrants"

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Vendredi soir, une personne âgée a reçu plusieurs coups de couteau à domicile d'Oloron- Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques. Le suspect est un jeune réfugié qui a été placé en garde à vue.

Elle est grièvement blessée. Vendredi soir, une septuagénaire a été agressé à son domicile. Elle a reçu plusieurs coups de couteau. Le suspect est un jeune réfugié qui a été placé en garde à vue. "L'auteur pourrait être un jeune homme réfugié à qui elle avait ouvert sa porte", a déclaré la procureure de la République, Cécile Gensac. "Il a été interpellé dans la soirée par les gendarmes sur la voie publique, il était très agité et a été placé en garde-à-vue dans la soirée", a-t-elle poursuivi, précisant que la piste terroriste était écartée.

Selon la mairie, cet homme était suivi pour des troubles psychiatriques. Une information que le maire n'a appris que le samedi. Ce jeune homme, âgé de moins de 20 ans, serait de nationalité afghane. Sa garde à vue a été prolongée. Selon la procureure, "il n'a aucun trouble susceptible d'altérer sa responsabilité pénale".

"Si j'avais su qu'il était suivi psychiatriquement..."

"Ce sont trois autres réfugiés présents au moment des faits qui ont alerté la gendarmerie. La victime a été hospitalisée à Pau où elle reste dans un état très critique. Elle a expliqué été touchée à la gorge et au thorax. La septuagénaire avait pour habitude d'accueillir dans son appartement des réfugiés qui vivaient, comme le jeune homme arrêté, dans le même immeuble.

Hervé Lucbéreilh est le maire divers droite d'Oloron-Sainte-Marie. Il regrette ne pas avoir été informé du suivi psychiatrique du suspect. "Quand on demande à un maire d'accueillir des migrants, on doit lui dire en même temps les problèmes qu'ils peuvent rencontrer. Et c'est vrai que si j'avais su qu'il était suivi psychiatriquement, j'aurais demandé notamment à notre police municipale d'être plus attentive, de suivre tout ça de plus près. Depuis un an et demi, nous n'avons aucune récrimination à avoir, tout s'est parfaitement bien passé, c'est le premier problème que nous rencontrons. Et je ne voudrais pas que ce problème-là jette l'opprobre sur l'action des 24 autres migrants qui se comportent très bien, et au-delà de l'ensemble de la population oloronaise qui a été très accueillante et qui a joué le jeu".

Romain Cluzel (avec A.M.)