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110 km/h sur l'autoroute: "Il faut qu'Anne Hidalgo conduise sa voiture elle-même", tacle Jean-Baptiste Djebbari

Sur RMC, le ministre des Transports a taclé la proposition d'Anne Hidalgo d'abaisser la vitesse maximale autorisée sur autoroute. Il a également défendu l'industrie nucléaire, nécessaire selon lui pour opérer la transition du véhicule thermique au tout électrique.

La campagne présidentielle est marquée par des propositions chocs concernant les transports. La maire de Paris, en guerre ouverte contre la voiture dans sa ville, veut étendre son combat à toute la France alors qu’elle a déjà fait part de ses ambitions présidentielles. Après avoir abaissé la vitesse à Paris de 50 à 30 km/h, si elle élue, Anne Hidalgo veut aussi limiter la vitesse maximale des autoroutes la faisant passer de 130 à 110 km/h.

Un moyen de polluer et moins et de renforcer la sécurité plaide la maire de la capitale. Mais le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari n’est pas vraiment convaincu :

"Elle a été favorable à la mesure sans en expliquer les raisons. Mais des portions de routes et d’autoroutes à 110, il y en a déjà partout. Concernant l’environnement, le déploiement de la voiture électrique, il est extrêmement rapide. Au niveau de la sécurité et de l’environnement, on est donc au bon niveau de réponse et je suis défavorable à cette mesure alors que le mouvement autour du déploiement électrique est extrêmement rapide", assure-t-il ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules".
"Il faut qu’Anne Hidalgo conduise sa voiture elle-même, qu’elle aille sur les autoroutes françaises voir les portions à 110 km/h. C'est une candidate parisienne qui fait une proposition parisienne", tacle le ministre des Transports.

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"L'écologie de Sandrine Rousseau, c'est un peu Cuba sans le soleil"

Mais Anne Hidalgo n'est pas la seule candidate qui cherche à limiter l'usage de la voiture. Sandrine Rousseau, en finale de la primaire écologiste, plaide en cas d'accès à l'Elysée, pour une augmentation du prix de l'essence, de 6 à 10 centimes par an: "Sandrine Rousseau a la sincérité d'assumer une écologie douloureuse", concède Jean-Baptiste Djebbari. "Mais l'écologie peut ne pas être douloureuse, elle doit susciter l'adhésion. L'écologie de Sandrine Rousseau, c'est un peu Cuba sans le soleil".

Et de rappeler: "En France, les émissions des véhicules représentent 30% des émissions de Co2, ce qui est énorme. Et 50% de ces 30%, c'est les véhicules particuliers. Un véhicule électrique particulier tout compris, c'est 4 fois moins d'émissions avec la production et l'importation comprises", assure Jean-Baptiste Djebbari.

Mais pour faire avancer tous ces véhicules électriques, il plaide pour l'utilisation du nucléaire, qui dégage peu d'énergie carbonée dans l'atmosphère, mais qu'abhorrent pourtant les écologistes: "Il faut réinventer le nucléaire, on n'est pas obligé de rester dans le nucléaire des années 50-60". Une nécessité assure-t-il alors que la consommation d'énergie risque d'augmenter avec la généralisation des véhicules électriques notamment:

"On aura besoin à l'horizon 2050 de 18 fois plus d'électricité pour les transports. En éolienne, cela représente 40.000 éoliennes contre 8000 aujourd'hui et 200.000 hectares de panneaux solaires, soit 20 fois Paris. Cela conduit à des aberrations comme en Chine où des montagnes entières sont recouvertes de panneaux solaires", déplore Jean-Baptiste Djebbari.

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Guillaume Dussourt