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Augmentation du pass Navigo à 84,10 euros: ça ne passe pas pour les usagers

Après l'annonce de l'augmentation du pass navigo de 75,20 à 84,10 euros mardi soir, les usagers sont en colère. Entre les passages irréguliers, le temps d'attente trop long ou encore les pannes, ils estiment que le service n'est pas à la hauteur du tarif. La hausse est moins élevée que prévue, grâce au versement d'une aide de l'État à Île-de-France Mobilités, mais elle est quand même de 12 %.

L'augmentation du tarif du pass navigo est moins importante que prévue, mais elle est quand même de 12 %: il passera, l'an prochain, de 75,20 à 84,10 euros par mois. C'est Clément Beaune, le ministre délégué aux Transports qui l'a annoncé mardi soir, indiquant que l'État était venu en aide à Île-de-France Mobilités en versant une "aide exceptionnelle" de 200 millions d'euros.

Pour autant, même si elle est limitée, la hausse ne passe pas pour de nombreux usagers. De fait, depuis plusieurs mois, les conditions de transport se sont largement détériorées.

Entre les longues minutes d'attente, les suppressions de trains ou de métro, les retards ou encore les pannes, pour certains Franciliens, se rendre au travail est devenu le parcours du combattant.

Problème d'anticipation, finances et concurrence

"Il y a eu un gros problème d'anticipation après le Covid de la part de nos dirigeants. Ça n'a pas été bien géré, avec trop de retard pour remettre les métros et les bus. C'est ça qu'on paye aujourd'hui", explique Arnaud Bertrand, président de l'association "Plus De Trains", invité sur RMC ce mardi.

Il ajoute: "Il y a eu des problèmes financiers qui ont fait très peur, à la suite desquels on a dit aux opérateurs 'recrutez moins' et on en voit aujourd'hui les conséquences. L'ouverture à la concurrence, qui existe ailleurs dans tous les réseaux de province, est toute nouvelle en Île-de-France, cela nécessite du temps mais aujourd'hui ça se fait mal et les conducteurs de bus s'en vont."

"Maintenant, je suis résigné"

Pratiquement toutes les lignes sont concernées par ces difficultés. C'est le cas du RER A: en heure de pointe, il faut se frayer un chemin pour pouvoir monter à bord. Ça arrive presque "tous les matins, donc je prends souvent le 2e ou 3e. J'essaye de partir plus tôt mais on est frustrés quand on n'arrive pas à s'adapter au début, maintenant je suis résignée", explique Brice, un usager. C'est-à-dire que le train est tellement plein, qu'il est impossible d'y monter.

Il y a "des pannes, des malaises, des coupures d'électricité, tout et n'importe quoi", déplore Camille, une autre usagère. Elle ajoute: "Mes chefs arrivent en retard aussi donc on s'envoie des messages pour décaler notre réunion."

Alors avec ces conditions, l'augmentation du prix n'est pas acceptée. "On paie pour rien du tout en fait ! On paie pour avoir toujours des galères et toujours c'est supprimé, donc je pense que je vais penser à passer mon permis de conduire", affirme un Francilien.

Une difficulté en plus dans le contexte d'inflation

"Le parallèle qui est fou c'est qu'on n'a jamais connu une situation aussi dégradée, attendre son bus 30 minutes ou une heure en banlieue, les rames sont bondées, les RER comme le B et le D sont toujours aussi compliqués", se désole Arnaud Bertrand, président de l'association "Plus De Trains", invité sur RMC ce mardi.

Dans un contexte global d'inflation, une telle hausse du pass navigo arrive comme un nouveau poids sur les épaules des usagers.

"Il n'y a pas le choix"

"Il n'y a aucune valeur ajoutée aux transports en commun. On a du mal à faire nos courses, à boucler les fins de mois, le navigo qui vient couronner le tout, c'est quand même assez dur", déplore Nadjim.

Beaucoup sont quand même résignés, car de toutes façons, "il n'y a pas le choix". "La voiture c'est plus cher, le vélo c'est trop loin. J'ai une proposition de poste qui est à plus d'une heure de chez moi et je pense que je vais dire non parce que le RER, je n'en peux plus, je n'ai plus le courage, j'ai passé l'âge", se désole une autre utilisatrice des transports d'Île-de-France.

Clément Beaune et Île-de-France Mobilités incitent aussi les entreprises à augmenter leur part du remboursement de l'abonnement de leurs employés de 50% à 75%. Valérie Pécresse veut réunir d'ici fin janvier des "assises du financement des transports franciliens 2024-2030", chargées de "trouver des sources de financement pérennes".

AB avec Martin Cadoret et Marion Gauthier