RMC

Des RER dans dix grandes villes françaises: "Ce serait une bonne idée"

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé dans une vidéo Youtube, dimanche, qu'il souhaitait le développement d'un réseau comme le RER dans dix métropoles françaises. Les contours de cette annonce sont encore flous mais certains communes s'en réjouissent déjà.

C'est une annonce inattendue et surprenante. Dans une vidéo Youtube, le chef de l'État, Emmanuel Macron, a affirmé qu'il souhaitait voir le développement d'un réseau RER dans plusieurs métropoles françaises.

"C’est se dire, au fond, que le RER, ce n’est pas qu’à Paris. Dans les dix villes françaises principales, où il y a trop de circulation et où les déplacements sont compliqués, on doit se doter d’une vraie stratégie de transports urbains. C’est un super objectif pour l’écologie, l’économie et la qualité de vie", a-t-il expliqué.

C'est la Première ministre Élisabeth Borne, chargée de la planification écologique, qui devra détailler et superviser ces grands travaux, souligne l'Élysée. Car pour le moment, le projet est flou. Il s'agirait de trains plus fréquents, jusqu'à plusieurs par heures et une plus grande amplitude horaire, le soir et le week-end.

Un rapport plus précis mi-décembre

Les dix métropoles concernées ne sont pas encore connues. Le président de la République va s'appuyer sur le conseil d'orientation des infrastructures, qui rendra un rapport mi-décembre. Cette instance va sélectionner dix projets, parmi une quinzaine en gestation à Lille, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, entre autres. Des villes qui chassent petit à petit les véhicules les plus polluants.

Il s'agit surtout de moderniser les infrastructures existantes en transformant notamment des haltes ferroviaires en véritables gares. Si dans certains cas, les travaux pourraient commencer rapidement, l'Élysée admet que parfois il faudra attendre "dix ans ou plus".

Une idée bienvenue dans certaines villes

En tout cas, dans certaines métropoles, cette annonce fait plaisir à entendre. À Fontaines-sur-Saône, à 10 km de Lyon, il n'y a pas de gare ni de métro. Pour se rendre dans le centre-ville lyonnais, il faut soit prendre le bus, soit la voiture.

"C'est vrai que ça fait une petite trotte, surtout quand il y a des embouteillages", déplore Mathieu, un habitant du coin. Il faut compter 45 minutes en bus, quand ça fonctionne et que ça roule bien. Pour lui qui travaillait tous les jours à Lyon, les transports étaient aléatoires.

"Des fois, j’arrivais un peu en retard, je mettais parfois 1h30. Il y avait peut-être entre 30 et 45 minutes de délais que je ne pouvais pas contrôler", poursuit-il. Pour lui, c'est sur, un réseau comme le RER, "ce serait une bonne idée".

Une annonce à relativiser?

Pour autant, le terme RER est "exagéré", d'après Yves Crozet, spécialiste de l'économie des transports. D'après lui, il s'agirait essentiellement d'une amélioration du service TER. Surtout, "on n’aura pas du tout le même service qu’on peut avoir à Paris avec le RER A ou B avec un train toutes les deux ou trois minutes", conclut-il.

Se posent maintenant les questions des budgets et surtout de la formation et de la main-d'œuvre, car le pays fait face à une pénurie de conducteurs de train.

AB avec CP et MBG