RMC

Pénurie de travailleurs: la RATP offre 300 euros par salarié pour favoriser le recrutement

Pour recruter et attirer de nouveaux chauffeurs de bus, la RATP met en place pour la première fois de son histoire la cooptation. Chaque salarié peut proposer un CV à la direction. Et si le candidat est engagé, le salarié recevra 150 euros puis encore 150 euros si le candidat en question reste plus d'un an.

À la recherche de 1500 conducteurs de bus cette année, la RATP peine à recruter face à un marché du travail en pleine pénurie de travailleurs. Pour attirer les candidats, la compagnie qui gère les transports parisiens a choisi la cooptation.

Les employés sont mis à contribution: chaque salarié peut proposer un candidat et toucher 150 euros si celui-ci est engagé. Et si le candidat reste plus d'un an, l'employé ayant transféré le CV touchera encore 150 ans.

Au total donc, une embauche peut rapporter jusqu'à 300 euros au salarié. Cette méthode classique dans le monde de l'entreprise est une première à la RATP. La raison? Le manque d'attrait du métier mais aussi de l'entreprise croit savoir le syndicaliste et cheminot de la SNCF Bruno Poncet: "Les gens n'ont plus envie de venir, la boîte ne fait plus rêver. Ces entreprises-là n'attirent plus personne", assure-t-il ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story.

"Les salaires sont assez faibles. Les salariés vont passer des CV, ils vont toucher 150 euros au début mais pas les 150 euros suivants parce que beaucoup de candidats vont arrêter avant la fin de leur formation", croit-il savoir.

"Peut-être que certaines personnes n'ont pas le goût du mérite"

La cooptation, Joëlle Dago-Serry, qui l'a déjà appliquée, est pour: "J'ai travaillé dans une boîte, je touchais 80 euros par CV ramené et encore 80 euros s'il restait un an de plus. C'est un bon système qui permet de toucher des profils qu'on ne pensait pas toucher", assure-t-elle.

Pour l'enseignant Kevin Bossuet, cette crise du travail est forcément due aux personnes qui n'ont plus "le goût du travail": "On nous dit qu'il y a un taux de chômage important et de l'autre on voit que les restaurateurs, l'Education nationale et maintenant la RATP n'arrivent pas à recruter. C'est peut-être un problème d'attractivité mais peut-être que certaines personnes n'ont pas le goût du mérite ou du travail, ou c'est dur de se lever tôt", estime-t-il.

En vérité, le taux de chômage est stable sur les deux premiers trimestres de 2022, à 7,4%. Par ailleurs, le taux d'emploi est à son plus haut depuis 1975. L'opération de cooptation de la RATP, elle, doit durer six mois.

G.D.