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Zones à faibles émissions: Pierre Chasseray alerte sur "une bombe à retardement sociale"

Le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes Pierre Chasseray, auditionné ce mercredi par l'Assemblée nationale, voit d'un mauvais oeil les "ZFE", discriminantes selon lui.

La commission "environnement" de l’Assemblée nationale planche actuellement sur l’acceptabilité et la mise en place des “zones à faibles émissions” (ZFE) qui sont en train de se généraliser dans toutes les grandes agglomérations. Paris, Lyon, Caen, Grenoble... D'ici 2025, 45 ZFE, auront été créée par des villes françaises.

L'objectif principal des ZFE est d'améliorer la qualité de l'air, alors que 40.000 décès sont attribuables chaque année en France aux particules fines. Ces zones limitent la circulation des véhicules les plus polluants sur leur territoire. Ainsi, seules les voitures les moins polluantes (vignettes Crit’Air 1 ou 2, voitures électriques...) ont le droit d’y circuler.

"Ça va trop loin"

Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, est auditionné par cette commission "environnement" ce mercredi. Il voit d'un très mauvais oeil cette évolution qu'il trouve injuste.

"Au 1er janvier 2025, toute la France va être touchée. Ça concernera tous les véhicules diesel d'avant 2011 et tous les véhicules essence d'avant 2006. C'est un véhicule sur deux. Ça va trop loin. On a voulu mettre un texte drastique qui confine un Français sur deux. C'est une bombe à retardement sociale, le compteur est enclenché."

"Je ne vois pas ce qui est écolo dans le fait de jeter un véhicule parfaitement entretenu"

Pierre Chasseray explique qu'il va mettre en avant devant la commission des solutions alternatives pour que l'enjeu environnemental soit abordé d'une autre manière. Il estime qu'un "renforcement des contrôles des forces de l'ordre sur le respect du contrôle technique" serait bien plus efficace, la pollution des véhicules étant mesurée lors des contrôles.

"560.000 voitures roulent sans. Ce que je veux, c'est sauver ces véhicules. Le principe, c'est de renforcer les contrôles de police et en contrepartie, que les véhicules qui passeraient avec succès le contrôle technique soient libres de circuler dans les ZFE", propose-t-il.

Encore faut-il que l'Etat mette les moyens sur les effectifs de police et de gendarmerie. "Aujourd'hui, on manque de forces de l'ordre sur les routes. Cela pose un problème d'accidentalité, de comportement, de fraude. Il faut mettre l'accent sur les chauffards et laisser tranquille ceux qui entretiennent bien leur voiture", juge-t-il.

"Quand vous passez avec succès un contrôle technique, vous ne méritez pas d'avoir une restriction de circulation, vous méritez qu'on vous laisse tranquille. Je ne vois pas ce qui est écolo dans le fait de jeter un véhicule parfaitement entretenu et qui roule parfaitement bien", argue-t-il.

J.A.