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L'angoisse des routiers à cause des barrages de migrants à Calais: "Je ne veux pas mourir au volant"

Après la mort d'un chauffeur de camionnette à cause d'un barrage de migrants, dans la nuit de lundi à mardi, l'angoisse s'est de nouveau emparée des routiers qui empruntent l'A16 pour se rendre en Angleterre. RMC est monté à bord du camion de Julien, qui craint même pour sa vie.

La mort dans la nuit de lundi à mardi d'un chauffeur de camionnette qui avait percuté un arbre posé par des migrants sur l'A16, près de Calais, a relancé l'inquiétude des chauffeurs routiers qui empruntent cette autoroute. Pendant plusieurs mois après le démantèlement de la "jungle" de Calais en novembre dernier, ces barrages quasi-quotidiens à l'époque avaient totalement disparus. Ils reprennent depuis plusieurs semaines.

RMC a rencontré l'un de ces chauffeurs routiers qui passe sa vie entre la France et l'Angleterre "avec la boule au ventre". Après 6 mois de répit comme il le dit, Julien, routier depuis 10 ans, s'inquiète... Il constate ces dernières semaines un regain important de la pression migratoire. "La semaine dernière encore, juste aux abords du tunnel (sous la Manche), il y avait une centaine de migrants sur le bas-côté prêts à envahir la route avec des troncs d'arbres. Ils les portaient. Parfois ils y mettent le feu. Et cela même la journée, pas seulement la nuit", raconte-t-il.

"On a la boule au ventre"

Comme à l'époque de la jungle, il prend désormais le volant avec une certaine angoisse. "On a des craintes, on a la boule au ventre. Moi je suis là pour gagner ma vie, travailler. Je ne suis pas là pour mourir sur la route".

Au moment où il dit ça, des migrants traversent la voie devant son camion. "Regardez comment ils traversent devant nous! C'est comme ça tout le temps", se désole-t-il.

Les chauffeurs réclament aujourd'hui des mesures fortes. David Sagnard, président de la Fédération nationale des transports routiers du Pas-de-Calais, qui évoque "une profession en deuil et en colère", réclame, outre des forces de police supplémentaires, "de véritables sanctions contre les personnes qui commettent ces délits". Des revendications portées auprès du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui s'est engagé à se rendre prochainement à Calais.

P. Gril avec Lionel Top