RMC

La Creuse refuse d'installer les panneaux 80 km/h: "Celui qui commande paie"

Les Républicains continuent de lutter avec vigueur contre le passage de la vitesse maximale sur les routes secondaires à 80 km\/h. Le présidente LR de la Creuse refuse d'installer les panneaux. Invitée de Bourdin direct ce jeudi, elle explique son choix.

La droite reste vent debout contre les 80 km/h. Après une opération nationale, un dépôt de recours devant le conseil d'Etat, Les Républicains se mobilisent localement. Le conseil départemental de la Creuse (LR), opposé à cette mesure qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, a fait savoir mercredi qu'il ne ferait rien pour changer les panneaux de signalisation et laisserait l'opération entièrement à la charge de l'Etat.

La présidente du département, Valérie Simonet (Les Républicains), était invitée de Bourdin direct ce jeudi. Elle considère en effet que la réforme actée par le gouvernement n'a pas lieu d'être, et qu'elle n'a pas à financer ces changements.

"On va nous rembourser en nous retirant une enveloppe l’année prochaine, c'est fort de café"

"C’est un principe très simple : celui qui commande paie. On nous dit qu’on sera remboursés sur un fonds qui va être créé avant le 1er janvier de l’année prochaine, c’est assez vague. J’ai lu entre les lignes que ce sera imputé sur une dotation qui est versée aux départements que nous adressons aux communes pour justement améliorer la sécurisation des axes. Donc on va nous rembourser en nous retirant une enveloppe l’année prochaine. C’est assez fort de café cette histoire."

A-telle le droit de refuser d'installer ces panneaux de signalisation ? Valérie Simonet assure que oui, et va laisser une autorisation spéciale aux agents de l'Etat s'ils souhaitent effectuer les changements.

"Je respecte toutes les lois de la République, il n’y a aucun souci. Ils vont avoir, par voie de délibération de l’assemblée plénière, une permission de voirie, les agents techniques d’Etat pourront donc aller installer eux-mêmes les panneaux."

"C’est encore une fois quelque chose qu’on nous impose sans concertation"

"On n’a plus de lignes SNCF… Mais comment on va faire ? On va perdre du temps", renchérit-elle. Alors que Jean-Jacques Bourdin lui explique que le temps perdu sera finalement minime en roulant avec quelques km/h en moins au compteur, la présidente reste droite dans ses convictions.

"4 minutes ? Je ne suis pas sûre, il y a des jours ou vous perdez plus parce que vous avez des véhicules devant vous, des camions qui roulent moins vite... On va perdre beaucoup plus que ça. C’est encore une fois quelque chose qu’on nous impose sans concertation."

Si elle n'est pas allée, comme son ex-camarade des Républicains le député Morel-A-L'Huissier, jusqu'à dire que des voitures sans permis la double à 80 km/h, le présidente du conseil départemental maintient sa ferme opposition à la mesure. Mais le décret va vite entrer en vigueur le 1er juillet, à moins que le Conseil d'Etat ne l'invalide. 

J.A. avec Bourdin direct