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Paris: Anne Hidalgo veut interdire les trottinettes en libre-service, un référendum en avril

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé un référendum sur les trottinettes en libre-service pour le mois d'avril. Si l'élue socialiste souhaite les interdire, elle annonce qu'elle se pliera à la décision prise par les électeurs.

"Continue-t-on ou pas avec les trottinettes en libre-service?" C’est la question que va poser, par référendum, la maire de Paris Anne Hidalgo le 2 avril prochain, annonce-t-elle dans un entretien au journal le Parisien ce dimanche. Tous les électeurs inscrits sur les listes à Paris seront donc invités à se prononcer sur cette question, même si la maire de Paris a son opinion personnelle sur la question:

"Mon idée, c’est qu’on arrête", dit-elle "mais je respecterai le vote des Parisiens, même s’il est contraire à ce que j’aimerais."

Seules les 15.000 trottinettes de location qui sont en circulation sont concernées. Il n'est pas question d’interdire aux Parisiens qui ont leur propre trottinette de rouler avec.

Des problèmes pointés par la mairie de Paris

Si la maire de Paris part en guerre contre ces trottinettes en libre-service c’est parce qu’elle leur reproche d’être à l’origine de nombreux problèmes: des usagers indisciplinés, qui ne respectent pas le code de la route, montent parfois à plusieurs sur une trottinette, roulent en contre sens, frôlent des piétons. Il y a d’ailleurs de nombreux accidents: 330 recensés l’année dernière à Paris entre le mois de janvier et le mois d’aout, soit une hausse de 37 % par rapport à l’année d’avant.

Autre problème pointé par la maire de Paris: elles ne sont pas écologiques, d'autant plus car abandonnées dans la nature. Certaines finissent au fond de la Seine, sans compter que ces moyens de locomotion doivent être rechargées, ce qui consomme de l’électricité, et leur recyclage n’est pas évident. Ces problèmes ne sont pas uniquement parisiens. Ils se posent à Bordeaux, à Marseille, à Lyon et partout en France où on retrouve ces modes de locomotion.

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800 emplois en jeu

Une hypothétique interdiction à Paris inquiète forcément les trois opérateurs en place, Lime, Dott et Tier, qui totalisent une flotte de 15.000 véhicules. Leur contrat avec la ville se termine fin mars. La date du référendum le 2 avril n’est donc pas un hasard et 800 salariés seraient menacés par cette interdiction.

A ces menaces d'interdiction, les opérateurs avancent leurs bons chiffres: 450.000 clients prennent ces trottinettes dans le Grand Paris. C’est plus que les autres villes d’Europe. Ils ont d’ailleurs formulé plusieurs propositions en novembre dernier, après une première menace de la ville de Paris, comme mettre des plaques d’immatriculation pour identifier les contrevenants, plus de patrouilleurs et un contrôle des cartes d’identité pour interdire aux mineurs de les utiliser, ce qui est le cas depuis le 27 novembre dernier.

Margaux Bourdin avec Maxime Martinez