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Pourquoi la baisse du prix du pétrole brut ne va pas faire baisser les prix à la pompe

Pourquoi la baisse du prix du pétrole brut ne va pas faire baisser les prix à la pompe

Pourquoi la baisse du prix du pétrole brut ne va pas faire baisser les prix à la pompe - RMC

Face à la grogne des automobilistes, les distributeurs de carburants se sont engagés à répercuter au jour le jour la baisse des cours du brut sur les prix à la pompe, a assuré jeudi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Pourtant, ce n'est pas cela qui va changer les choses préviennent les spécialistes.

Et pour quelques centimes de moins... Les distributeurs de carburants se sont engagés à répercuter au jour le jour la baisse des cours du brut sur les prix à la pompe, a assuré jeudi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Avec plusieurs annonces, Le gouvernement tente d'apaiser la grogne sur la hausse des prix du carburant, à l'approche d'un appel à bloquer les routes le 17 novembre. Aides, propositions ou bien, donc, cette baisse de prix demandée: le gouvernement va veiller "notamment avec la DGCCRF au respect de ces engagements par les industriels comme par les distributeurs" a annoncé Bruno Le Maire. 

Il faut dire qu'après plusieurs mois de forte hausse, les cours du pétrole ont baissé depuis début octobre pour atteindre leur plus bas niveau depuis près de huit mois. Une bonne nouvelle? Pas si sûr. Dans les faits, cette baisse des prix à la pompe sera plus que limitée pour les automobilistes. 

"C'est juste montrer que les industriels jouent le jeu"

Actuellement et pour des raisons de logistique, il faut plusieurs jours avant que la baisse des prix du baril de pétrole ne soit appliquée à la pompe. Désormais les distributeurs devront donc appliquer ces variations au jour le jour, comme l'a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Pas de quoi déranger les professionnels du secteur qui disent déjà adapter le cours du brut à la baisse, comme à la hausse. Pour les automobilistes, les répercussions sur le plein d'essence seront peu visibles... 1 ou 3 centimes par litre.

"Chaque jour, les automobilistes verront le prix varier de quelques centimes à la baisse comme à la hausse" prévient par ailleurs Jean-François Gruson, ancien directeur expert à l'Institut français du pétrole. "Ce n'est pas ça qui va changer fondamentalement le prix du carburant pour le consommateur. C'est montrer que les industriels jouent le jeu et qu'ils ne profitent pas d'une baisse du prix du brut pour augmenter leur marge, par exemple".

Les prix sont en effet toujours fixés en fonction de la variation du prix du baril, qui, lui, est déterminé au niveau mondial. Et qui ne dépend donc ni du gouvernement ni des distributeurs de carburants. 

Prime à la conversion doublée?

Le gouvernement a dévoilé depuis quelques jours plusieurs autres pistes pour accompagner les ménages pénalisés par la flambée des prix du carburant: refonte du chèque énergie, défiscalisation des aides au transport, discussions avec les entreprises.

 Le gouvernement souhaite doubler, à partir de 2019, la prime à la conversion versée pour l'achat d'une voiture plus propre, à l'aide d'une contribution des constructeurs automobiles. La prime à la conversion, qui peut aller actuellement jusqu'à 2.500 euros, est présentée par le gouvernement comme un moyen de compenser la hausse de la fiscalité sur les carburants.

Xavier Allain