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Un sénateur LR fustige les routes à 80km/h: "C’est catastrophique la fronde qu’il y a sur ce sujet"

Michel Raison, sénateur LR de la Haute-Saône était l’invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi 25 janvier. Chargé de conduire un groupe de travail sur la sécurité routière, il fustige la réduction de vitesse autorisée sur les routes nationales et départementales infondée.

Edouard Philippe l’avait prévu, la réduction de la limitation de vitesse autorisée, de 90 à 80 km/h sur les routes nationales et départementales, est une mesure très impopulaire auprès des élus.

Pour Michel Raison, sénateur LR de la Haute-Saône, en charge de conduire un groupe de travail sur la sécurité routière, la fronde est grande chez les représentants des collectivités et des territoires.

"On a eu énormément de messages sur ce sujet. Il y a eu déjà un premier problème de méthode. Ce n’est pas une vraie expérimentation. Pour qu’une mesure comme ça soit efficace, il faut l’acceptabilité des citoyens. Lorsqu'on n’explique pas aux citoyens, qu’on ne fait pas de pédagogie, et on ne peut pas en faire quand on a pas de base pour ça, la mesure risque donc d’être contre-productive. C’est catastrophique la fronde qu’il y a sur ce sujet".

"Il faut qu’on fasse un travail un peu plus sérieux et posé"

Les sénateurs remettront donc fin mars, début avril, leur rapport sur la pertinence de l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h. Chargé de réunir les éléments d’informations nécessaires pour évaluer, sans a priori, la mesure souhaitée par le gouvernement, le sénateur de la Haute-Saône, juge cette évaluation indispensable.

"Ce qu’on veut c’est avoir des chiffres justes. Dans le document du comité interministériel, en page 2, on nous dit que 19% des accidents sont liés à l’alcool. En page 17, c’est devenu un tiers. Chez moi, ça fait 33%. Donc quand je lis ça, je me dis qu’il faut qu’on fasse un travail un peu plus sérieux et posé. Savoir quelles sont les réelles causes de l’accidentologie, et qu’on prenne les réelles mesures qui correspondent".

"Je demande au Premier ministre d’attendre avant de prendre son décret"

Michel Raison interpelle aussi le Premier ministre sur un autre problème. Pour lui, il est nécessaire de décentraliser le pouvoir de décision.

"Ce qu’on veut, c’est contrôler la grande délinquance routière, les dépassements sur les lignes blanches, les grands excès de vitesse, et surtout qu’on décentralise le pouvoir. S’il faut réduire la vitesse sur un certain nombre de tronçons, les préfets, les présidents de départements et les élus du secteur sauront le faire. Comme les maires ont su le faire dans leur commune. La commune c’est 50 km/h mais vous avez plein de zones à 30 km/h. Ce n’est pas le Premier ministre qui l’a décidé, ce sont les maires parce qu’ils connaissent leurs routes et leur commune. Que le Premier ministre décide, sans aucune base scientifique de mettre 400 000 km de routes à 80 km/h, après avoir augmenté le gasoil de 10 centimes, ça ne passe pas très bien".

Pour le sénateur il est donc nécessaire que le gouvernement attende que son groupe de travail rende son rapport afin d'évaluer plus sérieusement, l’utilité de la mesure.

"Ce que je demande au Premier ministre, c’est qu’il ait au moins la pudeur d’attendre avant de prendre son décret que nous ayons terminé notre rapport. C’est notre travail. Dans nos missions, on n’est pas que législateurs on est également contrôleurs du gouvernement. Mais si on contrôle le gouvernement sans qu’il nous écoute, on ne sert à rien. On aura d’ailleurs peut-être d’autres mesures à proposer".
C.P avec Bourdin Direct