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Le SMS fête ses 30 ans: pourquoi cette technologie n'a failli jamais exister

Ce samedi, le SMS fête ses 30 ans. S'il s'en échange plus de 18 milliards par jour, ce n'était pas gagné. En effet, cette technologie n'a jamais failli jamais exister.

3 décembre 1992 - 3 décembre 2022. Il y a 30 ans, le premier SMS était envoyé. Pourtant, au début, personne n'en voulait. Pourtant à l'origine, le "texto" n'était pas du tout destiné au grand public. Il y a 30 ans, Neil Papworth, un ingénieur de l’opérateur britannique Vodafone envoie un "joyeux noël" sur le téléphone portable de son patron. Le SMS, acronyme de short message service, était né.

Pendant des années, il reste cantonné à un usage interne, au sein de l’entreprise. Quand on pense enfin à le tester auprès du grand public, ça ne prend pas: cinq ans plus tard, en 1997, 85% des Français disent que ça ne les intéresse pas d’envoyer des messages écrits depuis leur téléphone et qu'un téléphone c’est fait pour parler.

Des débuts compliqués

Il faut dire que c’était beaucoup moins facile aujourd’hui. Les premières offres commerciales semblent préhistoriques vu d’aujourd’hui: il était impossible, par exemple, d’envoyer un SMS à un ami qui n’était pas chez le même opérateur. Surtout, les prix des premières offres étaient assez prohibitifs, du point de vue de 2022. Les "textos" -mot inventé par SFR - ou "minimessages" étaient facturés à l’unité 1,15 franc soit 0,15 euro pour 160 caractères maximum, ou étaient inclus dans des forfaits voix + 10, 20, ou 50 SMS.

De plus, il ne faut pas oublier que les téléphones de l'époque n'étaient pas tactiles: il fallait taper les SMS sur un clavier à neuf chiffres, chaque chiffre pouvant correspondre à trois lettres différentes. Le SMS va connaître ensuite son heure de gloire au début des années 2000. Chaque 31 décembre, on se demandait même si les réseaux n'allaient pas exploser sous l’afflux de messages, qui pouvaient mettre plusieurs heures à arriver à bon port.

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Dépassé et réinventé

30 ans après, le SMS est presque devenu un "truc de vieux". Les 45-54 ans sont ceux qui envoient le plus de SMS, 62% en envoyant plusieurs par jour. Les jeunes les utilisent seulement pour communiquer avec les générations plus anciennes, qui n’utilisent que ça. Avec l'apparition des applications de messagerie instantanée, comme Whatsapp, Messenger ou Telegram, ont ringardisé leur ancêtre, en proposant la même chose que le SMS mais avec des fonctionnalités plus riches comme la possibilité de passer par le wifi, de voir qui a lu un message, de pouvoir supprimer un message déjà envoyé, l’apparition des vocaux ou le fait de chiffrer les conversations.

Malgré tout cela, il faut quand même dire que le bon vieux SMS a su se réinventer, notamment grâce au standard RCS (rich communication services). Sur l’application messagerie SMS de votre smartphone, vous avez aujourd’hui toutes les mêmes fonctionnalité, les messages sont chiffrés de bout en bout avec pas mal de fonctionnalités cachées ou peu connues. Est-ce que vous saviez par exemple que vous pouvez envoyer des sms depuis votre ordinateur ? Ou encore planifier l’envoi d’un message ou encore, très bientôt, retranscrire les messages vocaux sous forme de texte.

Du nouvel usage du SMS

Surtout, les SMS a trouvé d’autres usages, pour le paiement par exemple. Cela fait 15 ans qu’on dit que le SMS va mourir, mais il a encore de beaux restes. Dans certaines parties du monde, en Afrique notamment, il est massivement utilisé car peu cher et on s’en sert notamment pour payer. D’ailleurs le paiement par SMS fonctionne aussi chez nous, dans certaines villes, pour les ticket de bus ou de métro par exemple, ou pour des dons lors de rendez-vous caritatifs comme le Téléthon ou les Pièces jaunes.

Le SMS continue à être bien utile pour les vérifications d’identité, comme la double authentification pour se connecter à sa banque ou aux impôts. C’est aussi une technologie très robuste: pas besoin de 4G ni même de 3G, ça passe presque partout et on est bien content de les trouver quand on a presque pas de réseau. Le revers de la médaille étant les SMS publicitaires dont on est abreuvé. Quoi qu’il en soit, il y a de fortes chances que cette technologie soit toujours là pour fêter ses 40 ans.

Anthony Morel