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Zineb El Rhazoui soutient Emmanuel Macron: "Il a coché toutes les cases dialectiques du camp laïc"

Invitée d’"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, la journaliste Zineb El Rhazoui, ex-membre de Charlie Hebdo, a expliqué son soutien à Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle.

"C’est la première fois que j’apporte mon soutien à un homme politique". La journaliste Zineb El Rhazoui, ancienne membre de la rédaction de Charlie Hebdo, a décidé de s’engager publiquement pour Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle. "C’est son projet qui me semble le plus intéressant, explique-t-elle dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story. C’est le président de la République et je fais partie des Français qui sont plutôt contents, qui n’ont pas envie de se vautrer dans cette opposition acrimonieuse, critique, souvent de façon injuste. J’observe les opinions des uns et des autres, notamment sur les réseaux sociaux. Ça me suffit pour savoir qui je suis et qui je ne suis pas."

"J’assiste, désolée, à une grande division du camp laïque, ajoute Zineb El Rhazoui. J’ai observé, avec effroi et stupéfaction, que des gens qui me soutenaient sur les réseaux sociaux par exemple, se sont vautrés dans le zemmourisme le plus crasse. C’est-à-dire un zemmourisme enthousiaste, qu’ils prennent pour une lutte contre l’islamisme ou pire, de défense de la laïcité. C’est important de dire : moi, non, sans façon. Je n’ai jamais vu les choses comme ça. Je pense que c’est une fausse route, une route dangereuse. J’estime que le courage, ce n’est pas seulement de dire ce contre quoi on est, mais de dire ce pour quoi on est. Je ne l’ai jamais fait dans le passé."

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"Ce n’est pas encore suffisant"

Pour Zineb El Rhazoui, "l’islamisation à laquelle on a assisté n’est pas le fait d’Emmanuel Macron". "C’est un problème qui gangrène, qui enfle depuis des décennies. C’est une addition dont il a hérité. Je suis d’accord qu’en début de quinquennat, on était nombreux, dont moi, à être extrêmement inquiets de voir qu’il n’était peut-être pas porté, pas très bien conseillé, sur ces questions-là, Mais au cours de son quinquennat, il a fait un virage à 180 degrés. J’ai été bien placée pour y assister. Il a coché toutes les cases dialectiques qui sont venues du camp laïc. Il a nommé les choses par leur nom. Il a fait fermer le CCIF, BarakaCity, des choses dont on ne rêvait pas auparavant. Il y a eu une loi contre le séparatisme. Cette loi, je fais partie de ceux qui pensent qu’elle n’est pas allée suffisamment loin, mais elle est là et ça a été fait."

"Ce n’est pas encore suffisant, estime l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo au sujet de la lutte contre l’islamisme. C’est une question qui prendra du temps. Si je pensais que ce qui a été fait est suffisant, je ne serais pas là. Je crois vraiment qu’Emmanuel Macron est celui avec qui ce combat peut être mené de la façon la plus positive, la plus constructive. Nous sommes dans un contexte où on a un candidat réactionnaire, authentiquement d’extrême droite, qui arrive même à décaler sur la gauche de l’échiquier Marine Le Pen, et qui prétend porter ces questions-là. C’est pour ça que c’est important que moi, qui ai toujours été dans ce combat, je dise non. Non, c’est une erreur. Je le dis à tous ceux qui sont séduits par Eric Zemmour."

LP