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"Qu'ils dégagent !": une manifestation à Paris pour dénoncer les violences sexuelles en politique

L'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique a organisé ce mardi à Paris un rassemblement de quelques centaines de personnes, pour dénoncer "un gouvernement de la honte".

En réponse aux accusations de viol envers Damien Abad, l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique a organisé ce mardi un rassemblement à Paris, pour dénoncer "un gouvernement de la honte".

Place Saint Augustin, quelques centaines de personnes sont venues manifester pour demander au gouvernement de faire le ménage parmi les ministres jugés sexistes.

Gérald Darmanin accusé de viol en 2017, Eric Dupond-Moretti qui a pris position contre les mouvements de la parole des femmes, Stanislas Guerini qui a soutenu un candidat aux législatives condamné pour violences conjugales et le dernier, Damien Abad, aujourd'hui accusé de viol.

Le message est clair et sans concession: "Qu'ils dégagent ! On n'en veut pas". Valérie est militante féministe, elle ne comprend pas que deux ministres accusés de viol soient encore au gouvernement: "Abad démission, Darmanin démission. Tous ces gens qui sont suspectés et accusés par des femmes d'avoir violé, abusé. Ils dégagent, ils n'ont pas à être dans un gouvernement dont soi-disant la grande cause du quinquennat est la cause des femmes".

"Insupportable"

On ne tortille pas avec un gouvernement qui se doit d'être exemplaire, selon Sophie, une orthophoniste venue manifester: "Ils dirigent notre pays. C'est quelle image envoyée aux femmes? Est-ce que c'est une image de protection? C'est quand même insupportable".

Aujourd'hui, la parole des femmes s'est libérée et il faut désormais l'écouter, estime Fiona Texeire, cofondatrice de l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique: "En face, il y a un mur et quand les femmes victimes de violences veulent témoigner, il n'y a pas de réponse. L'affaire Abad, ça n'est que le replay de l'affaire Darmanin, la promotion d'un homme mis en cause pour viol".

L'association plaide pour la mise à l'écart de la politique des hommes mis en cause pour violences sexuelles et sexistes et demande également la création d'une structure d'Etat qui prenne en charge ce travail de veille.

Romain Poisot avec P.B.