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"Pourquoi arrêter la pratique maintenant?": la majorité peine à justifier le temps de parole du président toujours pas candidat

Chez Les Républicains, on crie au scandale et à la concurrence déloyale alors qu'une interview de 2h d'Emmanuel Macron doit être diffusée mercredi à la télévision. Dans les rangs de la majorité, on rappelle que Nicolas Sarkozy avait fait pire en 2012. Mais cette interview pose la question du temps de parole d'un président en campagne.

Comment distinguer la parole présidentielle de celle du candidat quand le président sortant est candidat à sa propre succession? C'est tout le problème du système politique français que dénonce l'opposition de droite alors qu'un entretien de 2h déjà enregistré d'Emmanuel Macron doit être diffusé ce mercredi sur TF1.

Car l'interview présidentielle a entraîné le report d'une interview de Valérie Pécresse, la candidate des Républicains. Cette dernière a annoncé qu'elle saisissait le CSA. "Ce qui se passe est totalement ahurissant. Emmanuel Macron utilise les institutions pour mener une campagne qui n'en porte par le nom. Son temps de parole doit être celui du candidat et pas celui du président de la République. Nous attendons une clarification là-dessus", a lancé Eric Ciotti le finaliste de la primaire LR sur LCI. "Macron est en campagne avec tous les moyens qui sont les siens. Ça pose un problème d’égalité & d’objectivité. Les Français ne sont pas dupes", a renchérit Michel Barnier ce mardi au micro de BFMTV.

"Valérie Pécresse est marquée d'amnésie", a répondu Christophe Castaner, évoquant le 29 janvier 2012 et Nicolas Sarkozy, alors président sortant qui s'était offert une interview similaire en simultané sur huit chaînes télévisées. "Il est bon d'avoir un peu de mémoire et pas de pousser des grand cris d'orfraie et d'instrumentaliser la démocratie comme les LR sont en train de le faire", a-t-il lancé sur France 2, sans remettre en cause le modèle.

"Le président de la République doit-il s’arrêter de parler?"

La parole du président du groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale, a été entendue. Les députés de la majorité avaient visiblement reçu des instructions. Ce mardi sur RMC, c'est l'argument qu'a réutilisé Marie-Christine Verdier-Jouclas, députée La République en Marche du Tarn. "Ça s’est fait avant, pourquoi ça doit se refaire certes, mais pourquoi faudrait-il arrêter la pratique maintenant sous le quinquennat de Macron?", a-t-elle lancé sur le plateau d'"Estelle Midi". "Parce que c’est le nouveau monde de Macron, parce qu’il voulait changer plein de choses de l’ancien monde madame", lui a répondu Daniel Riolo.

"Le président de la République doit-il s’arrêter de parler sous prétexte qu’il est candidat alors qu’il est encore en exercice?", a interrogé la députée, alors que la question ne s'était pas posée en 2017, François Hollande n'étant pas candidat pour un second mandat. Pour elle, la réponse est clairement "non", alors que les députés sont toujours au travail et cela, jusqu'à la fin de leur mandature après l'élection présidentielle en attendant les législatives.

Pour une partie de l'opinion publique pourtant, il semblerait qu'à l'instar d'Eric Zemmour, il serait de bon ton que le président de la République clarifie sa situation et se déclare oui ou non candidat à la présidentielle. En attendant, les temps de parole des prétendants à l'Elysée, déclarés ou non, ne sont toujours pas décomptés par le CSA au titre de temps de parole de candidats. 

L'interview de deux heures prévue mercredi doit permettre d'évoquer le bilan d'Emmanuel Macron, après un quinquennat marqué par la crise des 'gilets jaunes' et la pandémie de Covid-19.

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Guillaume Dussourt