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"Arrêtons d’assassiner le peuple qui ne peut plus survivre de son travail", affirme le maire d'Evreux

Le maire d'Evreux est allé à la rencontre de gilets jaunes dans sa ville pour leur apporter son soutien. Il leur a également conseillé certaines actions, comme le blocage de la préfecture de l'Eure.

C’est un soutien de poids que le maire d’Evreux a apporté aux gilets jaunes. L’édile de la ville est allé la rencontre des manifestants installés sur un rond-point de la ville pour leur suggérer quelques idées d’actions. 

Dans une vidéo diffusée sur Facebook, on le voit leur expliquer que le meilleur moyen de se faire entendre, "c’est de bloquer la préfecture". "Le centre des impôts, je trouve l'idée plutôt marrante. Le symbole n'est pas mauvais", poursuit l'élu. "Si, bêtement, vous décidez de bloquer la police municipale, ou en tout cas les ASVP (NDLR: agents de surveillance de la voie publique), et que moi, j'oublie d'intervenir, ça ne gênerait personne et ça peut être visible", déclare également le maire d'Evreux. "Si vous êtes à cinq pour bloquer la police municipale, mes gars ne sortiront pas. Si vous le faites, je ferai semblant de ne rien voir", ajoute-t-il. 

Bruno Le Maire demande des excuses

Au micro des Grandes Gueules, le maire se justifie sur ces propos qui ont stupéfié le préfet de l’Eure.

"Le rôle d’un élu, c’est d’être à l’écoute de son territoire. Il se passe des choses graves en ce moment et c’est trop facile de rester les bras croisés parce qu’on a peur d’être traité de populiste", explique-t-il. Il ajoute qu'Evreux est une ville populaire où les gens sont pauvres. "Aujourd’hui ce ras-le-bol fiscal qui s’exprime, il faut l’écouter, il faut l’entendre", poursuit-il. 

Le message de l’édile s’adresse surtout à l’État. "Arrêtons d’assassiner le peuple qui ne peut plus survivre de son travail", affirme-t-il. 

Après la révélation de cette vidéo, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, dont Guy Lefrand était le suppléant en 2007, a "condamné sans réserve" les propos "inacceptables" du maire d'Evreux, l'appelant à "présenter ses excuses". "Rien ne justifie la démagogie et l'appel à quelque forme de violence que ce soit, en particulier de la part d'un élu", a assuré Bruno Le Maire.

Les Grandes Gueules (Avec AFP)