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"C'est l'écologie politique qui contribue à de tels dérapages": faut-il laisser carte blanche aux chasseurs face à la prolifération des sangliers?

Les sangliers se rapprochent des centres-villes. Et à la campagne, ils font de gros dégâts chaque année. Pourtant les chasseurs en tuent chaque année de plus en plus. Alors faut-il changer de modèle ou laisser le champ libre aux chasseurs?

Alpes-Maritimes, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Calvados, Savoie, Flandres et au cœur de Rome, les sangliers sont partout. Ils arrivent dans les zones urbaines et péri-urbaines tandis qu’ils continuent de provoquer des dégâts agricoles dans les campagnes. Ils seraient d’ailleurs responsables de 80 millions d’euros de dégâts chaque année.

Ils sont donc dans le viseur des chasseurs : "Il n’y a plus tellement d’hiver alors qu’il perdait 60 et 80% de sa progéniture auparavant", explique ce mardi sur RMC Willy Schraen, président de la fédération des Chasseurs. Les productions forestières et fruitières sont à leur maximum, profitant également aux sangliers.

"Il y a à peu près 30% des zones chassables qui aujourd’hui nous sont interdites. On ne demande pas à y aller mais on demande à ne plus payer les dégâts dans ces zones", plaide Willy Schraen alors que les organisations de chasses règlent souvent la facture après les dégâts des mammifères. "Le sanglier est un animal opportuniste", ajoute le président de la fédération des Chasseurs.

"Le sanglier est un animal extrêmement bien adapté à la nature. Il peut vivre dans toutes les sortes d’environnement, il mange de tout et il a une activité nocturne. Il est aussi plutôt sédentaire", croit savoir Barbara Lefebvre sur le plateau des "Grandes Gueules". "La destruction de nos paysages ruraux avec la monoculture facilite l’expansion du sanglier", ajoute-t-elle, déplorant l’utilisation faite par les chasseurs de la prolifération.

Le nombre de sangliers tués par an en augmentation

Alors que faire pour limiter cette prolifération? "Dans les années 70, on tuait entre 30 et 40.000 sangliers. Aujourd’hui on est à 600.000 par an. On ne comprend pas plus les chasseurs chassent et plus il y a de sangliers ! comment cela se fait ? Doit-on s’interroger sur les pratiques de chasse ?" s’interroge Barbara Lefebvre adepte de la cause animale.

"Dans certains pays, les pouvoirs publics ont pris en charge des opérations de piégeages ciblées. Il faut bien en tuer mais il faudrait le faire une bonne fois pour toutes, pas en s’amusant à la réguler puis en la laissant repartir pour dire aux chasseurs: 'Allez-y recommencez à chasser!'", déplore l’enseignante.

De quoi faire enrager Willy Schraen : "Le début de l’argumentation c’était bien, mais pas la fin, comme souvent sur la chasse", a-t-il ironisé après l’intervention de Barbara Lefebvre sur le plateau des "Grandes Gueules". Il assure que l’expansion du sanglier est un problème mondial alors que le mammifère fait 1,5 milliard de dollars de dégâts par an aux Etats-Unis.

"On voit des sangliers en ville on est choqué. Tout le monde nous use en nous parlant de biodiversité comme les écologistes partout dans le monde. Mais le sanglier c’est de la biodiversité. Alors on fait quoi quand ils sont dans la ville ? on les tue ou on ne les tue pas ? On nous dit que ce n’est pas bien, mais regardez ce qu’il s’est passé à Rome entre la maire, les habitants et les écologistes (…) C’est la poussée de l’écologie politique qui contribue à de tels dérapages", accuse Willy Schraen.

"On ne peut pas pointer du doigt en permanence les chasseurs en disant que c'est des 'viandards'", défend de son côté Jérôme Marty. "Les chasseurs, ils sont là et ils contribuent à l'équilibre", ajoute-t-il plaidant pour laisser faire les chasseurs. Au moins concernant la prolifération des sangliers...

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G.D.