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"Il y a des similarités avec le RN": après l'Italie, l'extrême droite peut-elle gagner en France?

L'Italie passe sous la coupe de l'extrême droite, après la victoire de la coalition emmenée par Giorgia Meloni. Une victoire saluée en France par Eric Zemmour et Marine Le Pen, qui rêvent d'un succès à la présidentielle de 2027 après avoir uni les différents mouvements d'extrême droite.

La coalition d'extrême droite emmenée par Giorgia Meloni est arrivée en tête aux législatives en Italie. Le parti nationaliste Fratelli d'Italia a obtenu entre 22 et 26% de voix, selon les premiers sondages de sortie des urnes. Et la coalition formée avec l'autre parti d'extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, et Forza Italia, le parti conservateur de Silvio Berlusconi, raflerait jusqu'à 47% des suffrages.

Une victoire saluée par l'extrême droite française. "Toutes mes félicitations à Giorgia Meloni et au peuple italien ! Comment ne pas regarder cette victoire comme la preuve que oui, arriver au pouvoir est possible?", a estimé Eric Zemmour.

Même son de cloche pour Marine Le Pen: "Le peuple italien a décidé de reprendre son destin en main en élisant un gouvernement patriote et souverainiste. Bravo à Giorgia Meloni et à Matteo Salvini pour avoir résisté aux menaces d’une Union européenne anti-démocratique et arrogante en obtenant cette grande victoire", a assuré la cheffe de file du Rassemblement national.

"Les progressistes n'ont pas attendu l'extrême droite pour se comporter comme elle"

La victoire de cette admiratrice de longue date du dictateur italien Benito Mussolini fait donc rêver l'extrême droite française. "Il y a des similarités frappantes. Le Rassemblement national et Fratelli d'Italia ont le même logo avec la flamme mussolinienne. Marine Le Pen et Georgia Menoni sont deux femmes blondes, peut-être faut-il voir les prémices de quelque chose", croit savoir l'avocat Charles Consigny sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story.

Mais il estime également que le pouvoir en France promeut déjà certaines valeurs de l'extrême droite.

"Les progressistes n'ont pas attendu l'extrême droite pour se comporter comme l'extrême droite. Qu'est ce que c'est l'extrême-droite? C'est des violences policières, un autoritarisme intellectuel, un climat de censure dans les médias, des brutalités contre les populations faibles comme les migrants et les SDF", explique-t-il.

Or, c'est exactement ce que fait le gouvernement actuel selon Charles Consigny: "C'est ce qu'on a vu depuis cinq ans. Forcément, si quand vous êtes au pouvoir, que vous vous dites progressiste et que vous combattez l'extrême droite mais que vous faites tout comme elle, les gens ne font pas la différence et votent pour l'extrême droite", prédit l'avocat.

"Une leçon d'humilité à l'Union européenne"

Pour Barbara Lefebvre, la victoire italienne est surtout une victoire contre l'Union européenne. "À Bruxelles, ils pensent qu'il faut faire selon le système allemand ou néerlandais. Mais non! La chance de ces européistes, ça a été le Covid-19 et la guerre en Ukraine. Ils maintiennent un équilibre qui est en train de s'effondrer", assure-t-elle, saluant une victoire contre Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

Une position que partage Jordan Bardella, le président du Rassemblement national par intérim. "Les Italiens ont offert une leçon d'humilité à l'Union européenne qui, par la voix de Mme von der Leyen, prétendait leur dicter leur vote. Aucune menace d'aucune sorte ne peut arrêter la démocratie: les peuples d'Europe relèvent la tête et reprennent leur destin en main!", a assuré sur Twitter le député européen.

En Italie, la coalition victorieuse doit désormais nommer un nouveau gouvernement. Un processus lent qui peut prendre entre 4 et 12 semaines.

G.D.