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Pénurie de main d'œuvre et bas revenus: pourquoi recruter et augmenter les salaires est si compliqué

Dans certains secteurs, la pénurie de main d'oeuvre se fait ressentir alors que l'inflation augmente. De quoi pousser le gouvernement à augmenter les salaires. Mais pour certaines "Grandes Gueules", c'est impossible d'augmenter les salaires.

Le coût des matières premières flambe. Et avec lui, l'inflation et le coût général de la vie. Face à cette situation, le ministère du Travail a annoncé l'augmentation du salaire minimum, le Smic, de 2,2% au premier octobre. Une première augmentation, hors 1er janvier, depuis 2011. La hausse des salaires est aussi un thème de campagne. Si Anne Hidalgo caresse le doux rêve de doubler le salaire des profs, Arnaud Montebourg veut lui augmenter le Smic de 10%.

Tout le monde y va de sa proposition, poussant Jean Castex a lancer des négociations salariales dans certaines branches, notamment l'hôtellerie et la restauration, des branches qui rencontrent une pénurie de main d'œuvre. Concrètement, la pression est forte sur les patrons, appelés à faire un effort.

Cet effort, le fromager Johnny Blanc, l'a déjà fait assure-t-il sur le plateau des "Grandes Gueules": "Je n'ai pas attendu le gouvernement pour augmenter les salaires de base de 19% cette année", explique-t-il. "Dans l'agro-alimentaire on a une santé de fer malgré la pandémie de Covid-19". Mais la hausse des salaires ne suffit pas assure le fromager: "On pourra augmenter tout ce qu'on veut, ça ne suffira pas. Les employés veulent de la reconnaissance", ajoute Johnny Blanc qui constate des changements drastiques de comportement chez les salariés d'aujourd'hui

"On parle toujours des patrons qui sont des salauds, c'est vrai mais le comportement des salariés d'aujourd'hui par rapport à il y a quelques années, c'est plus la même chose. Il y en a qui partent aux toilettes et qui ne reviennent pas. Ils n'ont même pas le courage de dire qu'ils s'en vont, ils ne respectent plus rien. Je ne généralise pas, j'ai plein de gens valeureux dans mon entreprise."

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"En France, tout est fait pour qu’on paye les salariés au ras des pâquerettes"

Pour le gilet jaune Benjamin Cauchy, les minimas sociaux pousseraient à ces situations: "Il n''est plus question de salaire mais d'argent à la fin du mois: "Jusqu'à présent, aller travailler pour 1500 euros c'était une fierté. Aujourd'hui, malheureusement avec les minimas sociaux, il y a des effets ciseaux qui font qu'en terme de pouvoir d'achat, on a bientôt plus à gagner à ne pas travailler".

Des minimas sociaux qui créeraient des situations loufoques encourageant même certains à ne pas travailler sur le long terme et à profiter des Assedic: "On les remodule sans arrêt pour que ce soit avantageux pour les gens, mais ce n'est pas fait pour ça!", peste Johnny Blanc. "Je n'en peux plus de voir des gens venir travailler quand il leur faut 4 jours pour ouvrir des droits, ils viennent 4 jours et ils se barrent, ils ne finissent même pas la semaine. Ces gens-là pour moi sont des glandus!".

Autre problème que pointe le fromager, les charges sociales faibles sur les Smic qui explosent dès que l'on veut augmenter les salaires: "Aujourd’hui quand les gens sont payés au Smic, les charges sociales que le patron paie, c’est quasiment zéro. Ce qui n’est pas normal c’est que dès l’instant que tu veux augmenter les salaires, tu perds toutes les exonérations. Arrêtons de subventionner les bas salaires. En France, tout est fait pour qu’on paye les salariés au ras des pâquerettes".

La vraie source du problème reste l'inflation estime Benjamin Cauchy: "Augmenter les salaires parce qu'il y a de l'inflation, c'est mettre un pansement sur une fracture tant qu'on n'aura pas réglé le problème de l'inflation qui existera toujours si la France reste dépendante", conclu le "gilet jaune".

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La rédaction de RMC