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"Tous les jours, on est remercié par la population" assure un policier qui travaille en banlieue

Après l'agression présumée de Mohamed et Théo par des forces de l'ordre, la défiance envers les policiers est de plus en plus forte. Pour Vincent, policier dans l'Essonne, le traitement médiatique réservé à ses collègues depuis le début de l'affaire Théo ne décrit pas la réalité du terrain.

La police de banlieue est-elle encore crédible? C’est la question des Grandes Gueules mercredi qui a fait vivement réagir un policier de l’Essonne. Pour cet homme qui parle de vocation et de sentiment d’utilité, le traitement médiatique réservé à la police est injuste. Pour lui, les relations avec la population ne sont pas "la caricature" présentée dans les médias.

"Je suis très ulcéré par les propos que j’entends sur les relations police-population. On nous présente en conflit perpétuel avec les populations des banlieues. Ça fait 15 ans que je vais prendre des pierres et des cocktails Molotov sur la tronche pour travailler dans ces cités, c’est un choix. Contrairement à ce qu’on pense souvent et ce que vous avancez en disant qu’on est parachuté dans ces endroits, beaucoup de policiers sont là par choix, par envie."

Pour ce policier, travailler dans ces quartiers difficiles est un choix, une vocation partagée par beaucoup de ses collègues. "Ce n’est pas du masochisme. Si je ne travaillais pas là-bas, c’est comme si j’avais voulu être médecin et travailler là où il n’y a pas de malade. Dans ces endroits, il y a besoin de police. On va dans ces endroits parce qu’on a le sentiment d’être utile, c’est une vraie vocation. Tous les jours, on est remercié par la population, contrairement à ce que tout le monde dit." 

"Une dame nous remerciait d’être là et de remettre son neveu dans le droit chemin"

"Encore mercredi, à La Grande Borne (cité du 91) où je patrouillais, j’étais remercié par une dame. On contrôlait son neveu, elle est venue voir sur le contrôle ce qu’il se passait. On lui a expliqué que son neveu faisait le guetteur sur un plan de stupéfiant. Elle nous a dit qu’elle avait du mal à le gérer et nous remerciait d’être là et d’essayer de le remettre dans le droit chemin. Donc on n’est pas du tout dans cette caricature que tous les médias présentent."

Les Grandes Gueules avec A. B.