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"L’embardée finale de Cazeneuve et des ministres, qui pensent bien faire en soutenant Macron, lui fait du mal"

En meeting à Dijon avec des cadres du Parti socialiste mardi, Bernard Cazeneuve a eu cette phrase étrange: "il faut gagner l’élection présidentielle". Un soutien, presque un ralliement de force à Emmanuel Macron pour faire barrage au Front national qui dessert le candidat en Marche!, selon Sylvain Courage, journaliste à L’Obs, et invité dans Radio Brunet.

"Il faut gagner l'élection présidentielle". A cinq jours du second tour, cette phrase ne peut provenir que d’un proche de Marine Le Pen où d'Emmanuel Macron. Pourtant, c’est bien Bernard Cazeneuve, en meeting mardi, qui s’est volontairement inclu dans la campagne du candidat En Marche! après avoir soutenu Benoit Hamon au premier tour. Pour Sylvain Courage, journaliste à l’Obs et invité dans Radio Brunet, ces déclarations pénalisent clairement le candidat.

"Emmanuel Macron s’est présenté comme quelqu’un qui a rompu avec le gouvernement et avec François Hollande en partant sur des désaccords. Jusqu’à présent il a réussi à se tenir assez à distance. L’embardée finale de Cazeneuve et des ministres qui pensent bien faire ne lui fait pas du bien. De leur point de vue, en face d’Emmanuel Macron, ce n’est pas une candidate ordinaire. C’est le danger du populisme et d’une fracture dans la tradition républicaine. Ils veulent se mobiliser contre ça mais se faisant, se rapprochent dangereusement du candidat qui veut se tenir à distance des socialistes".

Pour Sylvain Courage, cette proximité nouvelle avec les socialistes ne dépend pas du candidat, mais de l'empressement des membres du gouvernement. "Pour l’instant, il a maintenu sa règle. En dehors de Le Drian qui est l’exception, il n’a pas souhaité la bienvenue aux membres du gouvernement qui le rejoignent. Il n’y a pas de place à prendre. Pour les législatives aussi, il y aura un certain nombre de députés qui pourraient passer du PS à En Marche! Ils ne le feront que s’ils quittent le giron socialiste. Le problème ne vient pas de Macron, il vient des socialistes qui sont trop empressés et qui sont surtout désorientés à cause de ce qu’ils ont subi. Entre Hollande qui ne se présente pas, Valls qui ne sort pas de la primaire et le score de Hamon à la présidentielle, ils ont souffert".

Radio Brunet avec A. B.