RMC

Les candidats se comportent de plus en plus comme des marques médiatiques

La personnalité de Jean-Luc Mélenchon et son aisance durant les débats semblent avoir joué un rôle prépondérant dans son ascension dans les sondages. Pour  Jean-Christophe Gallien, fondateur et dirigeant de "Zenon7 Public Affairs", cabinet indépendant de conseil en affaires Européennes et diplomatie économique, les Français votent en premier lieu pour une personnalité et regardent peu les sondages.

Le programme d’un candidat doit-il primer sur sa personnalité ou inversement? C’est la question qui émerge alors que Jean-Luc Mélenchon atteint désormais la troisième place dans les sondages. Une réussite qu’il doit aux goûts des Français pour les personnalités charismatiques selon Jean-Christophe Gallien, fondateur d’un cabinet indépendant de conseil en affaires Européennes et invité de Radio Brunet.

"C’est dans notre ADN depuis toujours. Monarchie, Empire et Révolution viennent contribuer à cela, bien avant l’arrivée du marketing. Nous sommes très binaires aujourd’hui, c’est A ou B, 0 ou 1 et on va de plus en plus vers cela donc de plus en plus vers une rapidité dans la prise de décision. En même temps, il faut pondérer cette affirmation. La moitié des gens qui vont s’abstenir et ceux qui ne sont pas inscrits, refusent cette offre politique".

Pour Jean-Christophe Gallien, les favoris de l’élection renforcent cette idée de proéminence de la personnalité sur le programme. Il estime que l’évolution sociale tend vers une incapacité à s'intéresser aux programmes. "Aujourd’hui, nous avons quatre candidats ce qui renforcent cette idée-là. Loin d’être isolés politiquement, les Français savent ce dont il s’agit. Ils ont bien compris qu’il y avait une droite souverainiste, une droite libérale, une gauche libérale et une gauche souverainiste. Ils ont bien identifié qui était qui. Après, le programme c’est compliqué. On n’a pas le temps aujourd’hui. Que font les gens? Ils scrollent, ils écoutent la radio, ils regardent à peine en profondeur. Donc s’intéresser au contenu d’un programme dans des espaces restreints, avec une attention limitée, c’est compliqué. On va donc vers l’émotion et le marketing politique. Même s’il n’est pas très bien fait en France, il va dans ce sens. Il amène les candidats à se comporter de plus en plus comme des marques médiatiques".

Radio Brunet avec A. B.