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La vraie question concernant la dette, c’est de savoir à quel rythme on souhaite rembourser

La dette est une question clivante dans cette élection présidentielle et les points de vue divergent selon les candidats. Pour Philippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Economiques, il existe une solution qui n’est ni la rigueur absolue, ni l’endettement exponentiel.

Les objectifs budgétaires de la France pour la période 2017-2020 doivent être transmis avant fin avril à la Commission européenne. Au cœur de ces objectifs, la dette qui divise les candidats à la présidentielle.

Faut-il couper dans les dépenses, abandonner la règle des 3% (pour participer à l’Union économique et monétaire, le déficit des administrations publiques ne doit pas dépasser 3% du produit intérieur brut) ou encore la renégocier ? Pour Philippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Economiques et invité dans Radio Brunet, les dépenses doivent être réduites en adéquation avec des mesures qui vont soutenir l’activité.

"La question de la dette n’est pas une fausse question. C’est vrai qu’aujourd’hui, la dette pèse relativement peu parce que les taux d’intérêts moyens auxquels elle a été souscrite, grâce notamment à la politique que mène la Banque centrale européenne, font que la charge de la dette est réduite. La France aujourd’hui s’endette à des taux qui sont extrêmement bas. Comme elle a renouvelé une grande partie de sa dette, même avec 2.000 milliards de dette publique, la charge de la dette est largement supportable. La vraie question concernant la dette c’est donc de savoir à quel rythme on veut se désendetter".

Pour Philippe Frémeaux, toute la subtilité du traitement de la dette tient donc dans ce dosage entre un équilibre social et des réformes. Il souhaite en quelques sorte, la création d’un couple associant des réformes profondes à de la croissance. "Si on se désendette beaucoup trop vite en diminuant fortement les dépenses ou en augmentant fortement les impôts, on va casser l’activité et du coup il y aura moins de recettes. Alors ce sera toujours plus difficile de se désendetter. Il faut trouver le juste milieu entre des mesures qui vont soutenir le niveau de l’activité, et en même temps ne pas être dans une logique où l’endettement devient exponentiel. Sinon, il risque de devenir insupportable. Tout dépend du rythme de croissance de l’activité, et du taux moyen auquel cette dette a été souscrite. En terme de part du PIB et alors qu’on était beaucoup moins endetté en 1995, la charge de la dette dans le PIB de l’époque était plus importante qu’elle ne l’est aujourd’hui".

Radio Brunet avec A. Benyahia